Venezuela: l'opposition appelle à la grève générale

28 Octobre, 2016, 08:38 | Auteur: Lynn Cook

"Entreprise qui s'arrête, entreprise récupérée par les travailleurs et la révolution (.) Je ne tolérerai aucun type de conspiration", a-t-il lancé.

L'armée, très puissante dans le pays, a apporté mardi son soutien au président en promettant, via le ministre de la Défense Vladimir Padrino Lopez, de "défendre avec sa vie" le projet socialiste et "le gouvernement légitime de Nicolas Maduro".

"Nous appelons à une grève générale vendredi prochain, tout le monde reste chez soi", a déclaré Jesus Torrealba, secrétaire général de la coalition de la Table pour l'unité démocratique (MUD, centre), devant une foule immense à Caracas.

Ce mouvement a été organisé par l'opposition en réponse à la suspension par le Conseil national électoral (CNE) du processus de référendum révocatoire en vue du départ du président, processus qui aurait justement dû entrer mercredi dans sa dernière ligne droite avec un ultime recueil de signatures.

A la surprise générale, le chef de l'Etat avait fait escale lundi à Rome pour s'entretenir avec le pape François, tandis qu'en parallèle, un envoyé du Vatican s'entretenait au Venezuela avec des responsables de l'opposition et du gouvernement pour tenter de rétablir le dialogue, entraînant une certaine confusion.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a convoqué mercredi le Conseil national de la défense afin de chercher une solution à la crise politique, économique et sociale que traverse le pays. La MUD étant majoritaire au Parlement, le résultat de ce vote fait peu de doute. Et si le procès en destitution n'existe pas en tant que tel dans la Constitution vénézuélienne, la procédure pour manquements au devoir de sa charge - lorsque le chef de l'État ne remplit plus ses fonctions - y figure bien, soulignent les juristes.

La marche vers Miraflores aura une forte dimension symbolique: le 11 avril 2002, une manifestation s'y rendant avait viré au coup d'Etat et délogé le président Hugo Chavez durant trois jours.

Nicolas Maduro, a donc battu le rappel de ses soutiens pour "faire échec au putsch parlementaire".

Dans ce pays pétrolier en plein naufrage économique sous l'effet de la chute des cours du brut, la tension est à son comble alors que les deux camps s'accusent mutuellement de coup d'État.

En outre, M. Maduro ne reconnaît plus le Parlement.

Les députés ont adopté "l'ouverture d'une procédure contre Nicolas Maduro" afin d'examiner sa "responsabilité pénale, politique et les manquements au devoir de sa charge", selon la résolution.