Des dizaines de mineurs désoeuvrés aux abords de la "Jungle" — Calais

28 Octobre, 2016, 09:02 | Auteur: Sandy Vega
  • Un abri en feu dans

Lundi et mardi, plus de 4.000 d'entre eux ont été "mis à l'abri" selon le gouvernement.

Un journaliste de Reuters a cependant constaté que plusieurs dizaines de personnes se trouvaient encore dans le camp jeudi matin et qu'une centaine d'autres, refoulées à l'entrée, avaient passé la nuit non loin de là.

"C'est vraiment aujourd'hui la fin de la 'Jungle'", a affirmé mercredi la représentante locale de l'Etat Fabienne Buccio. Et des "solutions" doivent leur être proposées.

Un mois après l'évacuation de près de 2.000 migrants au même endroit, la situation est presque revenue à l'identique, selon Colombe Brossel, adjointe au maire chargée des questions de sécurité et de prévention, qui évalue le nombre des nouveaux arrivants entre 1.500 et 2.000. "Mercredi soir, on a commencé à voir arriver des migrants d'Allemagne, de Paris et d'ailleurs", a-t-elle confirmé. A l'extérieur du centre de transit, certains ont dormi dehors par grand froid.

Peu après le lever du soleil, les gros travaux de déblaiement ont débuté dans la partie ouest du camp avec l'envoi de gros engins.

"Il n'y a plus personne sur le camp", a encore annoncé Fabienne Buccio qui soutient que sa mission est remplie et qu'"une page se tourne" pour ces migrants qui vont pouvoir "commencer une nouvelle vie" en France.

La "Jungle" offre désormais un visage d'apocalypse: le feu a pris un peu partout, notamment dans l'allée centrale du camp bordée récemment encore de commerces informels, ravageant tentes, cabanes et caravanes.

Ces incendies, selon des témoins, ont été allumés par des migrants alors que les derniers cars emmenaient les volontaires au départ vers des centres d'accueil. Sur la route menant à la "Jungle", comme tous les matins après les tentatives de passage de la nuit, quelques migrants marchent lentement, revenant vers le bidonville.

Mais pour éviter "tout appel d'air", les autorités ont fermé le centre de transit ouvert spécialement pour le démantèlement et ont commencé à raser la "jungle".

"On n'a pas dormi, on ne possède plus rien, on veut juste s'enregistrer" sur les listes de mineurs "pour aller en Angleterre", dit Naeem. "J'ai dormi ici, pas dans la +Jungle+, c'est trop dangereux".

La fin de la " jungle " donc? "Le sort des enfants de Calais, après la démolition, est pire qu'avant", a alerté Save the Children.

Ils s'ajoutent aux quelque 6000 personnes prises en charge depuis lundi: 4500 personnes transférées vers des centres situés dans différentes régions et 1500 mineurs logés au centre d'accueil provisoire aménagé sur place dans des conteneurs.

Une quarantaine ont été envoyés dans un centre dédié dans l'est de la France. Ils se disaient tous mineurs, dans l'espoir d'être accueillis en Grande-Bretagne.

C'était le plus grand bidonville de France, où s'entassaient des milliers de migrants, face aux côtes anglaises qu'ils rêvaient d'atteindre: les autorités françaises ont décrété mercredi "la fin de la "Jungle" de Calais, assurant que son évacuation, ponctuée d'incendies malveillants, serait achevée dans la soirée. Aussi les associations mettaient-elles en garde contre une précarisation des migrants restant aux alentours, tandis que Natacha Bouchart a réclamé " des garanties " pour que le campement ne se reconstitue pas.

Des migrants veulent coûte que coûte rejoindre l'Angleterre: "Même si la jungle brûle, certains reviendront ici, où au moins on a une possibilité de tenter notre chance", affirmait Rami, un Soudanais de 27 ans.

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