Ceta. Le Canada appelle l'UE à " finir son job "

27 Octobre, 2016, 09:08 | Auteur: Lynn Cook

" Nous sommes prêts à signer le Ceta et nous continuons à espérer que ce sera possible de signer le Ceta le 27 octobre", a assuré Chrystia Freeland, précisant qu'elle quittait la Belgique samedi matin pour rejoindre Toronto. "Nous sommes restés à '1.000 pour cent' disponibles pour tenter de trouver une solution, mais il n'était pas possible d'organiser une nouvelle réunion avec des contre-propositiuons", a ajouté Charles Michel, se disant encore disponible pour transmettre de nouveaux messages, textes ou amendements à l'Union européenne s'il devait y en avoir.

"Martin Schulz a pour sa part indiqué que le sommet prévu jeudi avec le Canada restait pour l'instant à l'agenda".

Pour lui, il reste des choses à régler au niveau européen et à clarifier un certain nombre de points par rapport à l'accord sur la table. "Cette rencontre a été très constructive et sera peut-être décisive". Dès le début d'après-midi, Donald Tusk, le président du Conseil européen, conscient des enjeux sous-jacents, a augmenté la pression sur la Wallonie, en vain.

La situation s'enlise entre l'UE et le Canada.

Vendredi soir, Mme Freeland avait déclaré: "Il semble évident pour moi, pour le Canada, que l'Union européenne n'est pas capable maintenant d'avoir un accord international, même avec un pays qui a des valeurs aussi européennes que le Canada".

Sa ratification se heurte toutefois à l'opposition de la région belge de Wallonie, qui refuse de donner les pleins pouvoirs au gouvernement de la Belgique pour parapher l'accord.

Martin Schulz étant un social-démocrate allemand, il est de la même famille politique que Paul Magnette, membre du parti socialiste belge, ce qui facilite les contacts.

Ces derniers mois, les manifestations contre le CETA, mais aussi contre le traité de libre-échange entre les Etats-Unis et l'Union européenne (TTIP ou TAFTA), auquel il est souvent comparé, ont eu lieu partout en Europe.

Selon un eurodéputé, il était également envisagé que M. Trudeau vienne à Strasbourg le 26 octobre pour faire un discours devant le parlement européen, la veille de la signature programmée du Traité à Bruxelles avec les 28 et le Canada.

Les deux documents doivent être soumis ensuite au Parlement de Wallonie, spécifiquement devant la commission chargée des Affaires européennes de l'assemblée régionale, pour approbation.

Mme Thyssen a mis en garde d'un trop long blocage au traité de la part de cette région francophone du sud de la Belgique: "C'est mauvais pour l'image européenne, pour l'image de la Belgique, mais aussi pour la sympathie que les gens ont pour la Wallonie".

Soutenue, hier, par quelque 6.000 manifestants à Amsterdam (Pays-Bas), la Wallonie réclame plus de garanties, en matière de protection de ses agriculteurs et face aux puissantes multinationales.

Or, le ministre-président wallon, Paul Magnette, campe sur ses positions et estime que malgré les négociations, les progrès ne sont pas encore satisfaisants.

En sortant de l'Elysette, le siège du gouvernement wallon, au bord des larmes et la gorge nouée, la ministre canadienne du Commerce international, Chrystia Freeland, avait annoncé la mort probable du traité.

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