Le gouvernement isole les 300 profils les plus durs — Détenus radicalisés

26 Octobre, 2016, 07:33 | Auteur: Lynn Cook
  • Le ministre de la Justice Jean Jacques Urvoas lors de la séance des questions au gouvernement le 25 octobre 2016 à l'Assemblée nationale à Paris

A l'inverse, le nouveau dispositif va proposer près de 300 places pour les détenus les plus durs dans des conditions proches de l'isolement.

Il a notamment informé que les "unités dédiées", réservées aux détenus radicalisés, allaient disparaître, et qu'elles seraient remplacées par une sécurité renforcée.

Deux surveillants pénitentiaires avaient été blessés à l'aide d'une arme artisanale le 4 septembre par un détenu de l'unité de prévention de radicalisation à la maison d'arrêt d'Osny, dans le Val-d'Oise.

Urvoas, qui ne veut pas parler de "déradicalisation", mais se concentre sur un objectif de "rupture à la violence", met ainsi fin à l'expérimentation menée dans cinq unités dédiées des prisons de Fresnes, Fleury-Mérogis, Osny et Lille-Annoeullin.

Quatre quartiers d'évaluation de la radicalisation verront le jour dans la région parisienne, un dans celle de Marseille et un dans celle de Bordeaux, selon Jean-Jacques Urvoas.

Quelque 349 personnes, déjà condamnées ou en attente de procès, sont détenues en France pour des infractions ou crimes à caractère terroriste, contre 90 en 2014.

" Il en va du laxisme comme de la météo, il y a la réalité et la température ressentie ", a dit M. Urvoas à l'Assemblée nationale. Hier, le ministre de la Justice a regretté que du temps ait été "perdu " avec ces expérimentations hétéroclites, alors que le nombre de détenus radicalisés flambe (1.336, soit deux fois plus que l'an dernier). 3.

Le ministre de la Justice a également annoncé la création d'équipes de sécurité pénitentiaire, qui seront armées lors des missions extérieures, comme les extractions, ainsi qu'un renforcement du renseignement pénitentiaire avec la création de 51 postes qui s'ajouteront aux 186 agents actuels. Or à vouloir surveiller tout le monde, on risque de ne plus surveiller personne, fait valoir M. Grandhaie.

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