Hollande va recevoir les syndicats — Colère des policiers

26 Octobre, 2016, 07:39 | Auteur: Ruben Ruiz

Un drapeau français marqué "Citoyens avec la police " pendant un rassemblement de policiers devant Notre-Dame de Paris le 21 octobre 2016, pour protester contre les violences dont ils font l'objet.

Débordés par ce mouvement sur lequel ils tentent de reprendre la main, les syndicats ont lancé de leur côté un appel à se rassembler mardi à la mi-journée devant les tribunaux de France.

Des manifestations se sont encore déroulées samedi à Evry (Essonne), à Paris en soirée, et dimanche soir à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et Nancy. En civil, ils ont remonté la plus célèbre avenue du monde, puis entonné la Marseillaise au pied de l'Arc de Triomphe.

Le mouvement s'est ensuite propagé dans de nombreuses villes, avec des rassemblements quotidiens de quelques dizaines à plusieurs centaines de policiers selon les lieux.

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"Vous demandez des moyens, nous vous les donnons". La veille, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait promis aux syndicats policiers qu'une concertation serait lancée dès lundi dans les départements.

Par ailleurs, une intersyndicale de policiers appelle à manifester devant les palais de justice tous les mardis.

Les policiers réclament notamment l'amélioration des conditions matérielles d'exercice de leur métier, un assouplissement des règles de la légitime défense ou encore l'instauration de peines plancher pour les agresseurs de membres des forces de l'ordre, mesure créée sous la droite et abrogée sous François Hollande.

Cette intersyndicale s'est en revanche désolidarisée de la "marche de la colère policière et citoyenne" organisée le lendemain par Unité-SGP police FO. Jeudi, le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas, accusé par le syndicat de la magistrature de se comporter en "ministre de la police", a promis "la plus grande fermeté" pour les agresseurs et refusé de rétablir les peines planchers. Les critiques des policiers contre la justice relèvent d'un "manque d'informations ", a estimé le ministre, qui s'est engagé à les informer des suites judiciaires de leurs enquêtes.

Ces réunions visent à faire remonter vers le ministère de l'Intérieur une sorte de cahiers de doléances dont les conclusions doivent être remises le 15 décembre pour une mise en application dès 2017.

Au même moment ou presque, dans la nuit de jeudi à vendredi, près de 500 policiers ont défilé à Paris, environ 800 à Lyon, 200 à Marseille.

Vendredi matin, le patron des policiers Jean-Marc Falcone a affirmé qu'il ferait des propositions "la semaine prochaine" à Bernard Cazeneuve en vue du lancement en novembre d'un plan "de sécurité publique".

Un vaste plan de moyens matériels supplémentaires (fusils d'assaut, voitures, gilets pare-balles) avait été décidé après les attentats de 2015, mais les équipements ont surtout bénéficié aux unités spécialisées au détriment des effectifs de sécurité publique.

Interrogé sur d'éventuelles sanctions à l'encontre des policiers qui manifestent, Jean-Marc Falcone a répondu que l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) aurait un "rôle pédagogique (...) pour dire à ces fonctionnaires qu'on comprend leur colère, leur désarroi, leur émotion ".

Je pourrais démissionner, vu mon caractère, si j'étais convaincu d'avoir commis une faute ou fait une erreur. "Non.", affirme-t-il dans une interview à Libération de samedi 22 octobre.

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