Les regrets de François Hollande — Déchéance de nationalité

13 Octobre, 2016, 00:25 | Auteur: Lynn Cook
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Dans une interview aux vrais airs d'inventaire publié cette semaine par l'Obs, François Hollande accède - en partie - à leur requête silencieuse, s'expliquant en longueur sur cette mesure annoncée à la surprise générale, trois jours après les attentats de novembre qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis en novembre dernier. "A mesure que l'on se rapproche de la présidentielle, ils vont pouvoir comparer non pas ce que j'ai fait avec ce que j'avais promis, même si je suis prêt à l'inventaire sur mes 60 engagements; ils vont pouvoir comparer ce que j'ai fait dans le contexte que chacun connaît avec ce que proposent ceux qui prétendent nous remplacer". Une politique de gauche, c'est avoir fait de l'Education nationale la priorité en créant 60.000 postes alors que, de 2007 à 2012, 80.000 avaient été détruits. Le chef de l'Etat comprend " le trouble que cette intiative a pu créer " tout en admettant son inefficacité. Une politique de gauche, c'est avoir réduit les inégalités fiscales. J'ai mené une politique de gauche. Et il y en a eu!

Et de s'adresser aux écologistes, à la fin de l'envoi: "Une politique de gauche, c'est avoir réussi à conclure à Paris un accord mondial sur le climat, assuré la transition énergétique, diminué la part du nucléaire, renforcé les énergies renouvelables". Après les attentats de Paris, François Hollande avait proposé que la déchéance de nationalité pour les auteurs d'actes terroristes soit inscrite dans la Constitution.

Il ajoute que "puisque les terroristes veulent mourir", "la déchéance de nationalité n'a donc aucune valeur dissuasive". Elle simplifie la procédure aux prud'hommes. "C'était nécessaire, il y avait trop d'incertitudes pour les employeurs et d'injustice pour les salariés".

(Silence.) Je regrette que la gauche l'ait regardée comme une mesure qui pouvait diviser. "Je regrette que l'opposition en ait fait un sujet de surenchère politique".

A L'Obs lui demandant s'il a été trahi par des ministres qui envisagent de se présenter en 2017, le chef de l'Etat répond: "Que des ministres puissent quitter un gouvernement, alors qu'ils ont l'opportunité de changer la France, d'avoir les leviers en mains pour peser sur la politique économique ou industrielle, sauver des emplois, . eh bien je pense que c'est une forme d'oubli de ce qu'est le sens de la vie politique". Et, 'heureuse', parce que c'est un malentendu.

A quelques heures du premier débat de la primaire de droite jeudi soir, l'une des sept candidates, Nathalie Kosciusko-Morizet, a brocardé les confidences de M. Hollande. "Ce qui est proposé par Alain Juppé c'est une solidarité malheureuse", affirme-t-il.

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