La Russie soutient la proposition de l'Onu pour Alep — Syrie

13 Octobre, 2016, 01:06 | Auteur: Lynn Cook

Les membres du Conseil négocient depuis une semaine cet autre projet de résolution de Paris destiné à mettre un terme à l'intense bombardement de la ville assiégée d'Alep, à permettre l'acheminement de l'aide humanitaire et à arrêter tous les survols militaires de la ville.

"Je ne vois tout simplement pas comment nous pourrions laisser cette résolution passer", a déclaré à la presse Vitali Tchourkine, ambassadeur de Russie à l'ONU, interrogé sur l'éventuel usage par Moscou de son droit de veto.

Jeudi, l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, s'était alarmé d'une destruction totale d'Alep-Est d'ici janvier et montré du doigt la Russie.

Le Conseil de sécurité de l'ONU se penche vendredi sur la situation humanitaire catastrophique dans les quartiers rebelles et assiégés d'Alep, Staffan de Mistura devant s'y exprimer par vidéoconférence depuis Genève à partir de 16h00.

La partie Est de la ville a été ravagée par des bombardements d'une extrême violence qui ont tué des centaines de personnes et détruit des infrastructures civiles. Mais les rebelles y ont repris quelques positions perdues il y a quelques jours.

Des affrontements avaient par ailleurs lieu dans les quartiers de Salaheddine, Boustane al-Bacha et Souleimane al-Halabi, qui se trouvent sur la ligne de démarcation.

L'agence de presse officielle Sana a rapporté que huit personnes avaient été tuées par des tirs de roquettes de "groupes terroristes" sur un quartier de la partie gouvernementale d'Alep, utilisant le vocabulaire habituel du régime pour qualifier les rebelles.

D'après ses estimations, en plus de ce millier de djihadistes, 8.000 combattants insurgés "au maximum" assurent la défense d'Alep-Est. "J'ai encore l'espoir que la résolution soit votée et qu'elle puisse être mise en oeuvre", a-t-il dit lors d'une escale à Washington, où il a notamment rencontré le secrétaire d'Etat John Kerry.

Ce dernier est à Washington, après une étape jeudi à Moscou, pour discuter d'un projet de résolution au Conseil de sécurité de l'ONU, sur lequel la Russie s'est déclarée "prête à travailler" en posant toutefois des conditions.

Pour tenter de relancer la diplomatie, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault était jeudi à Moscou avant de se rendre vendredi à Washington.

M.de Mistura avait aussi proposé que les combattants de l'organisation jihadiste Front Fateh al-Cham (ex-Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda) quittent les quartiers de l'est d'Alep et que le régime syrien et son allié russe suspendent leurs bombardements après le départ des jihadistes. Une nouvelle tentative de règlement diplomatique après l'échec patent d'une trêve fin septembre et le gel du dialogue américano-russe.

Selon Thomas Pierret, expert de la Syrie, cette décision de Damas pourrait être un moyen de faire baisser la pression internationale après le tollé suscité par l'offensive à Alep.

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