Caracal-Paris va réexaminer sa coopération défense avec Varsovie

13 Octobre, 2016, 00:29 | Auteur: Lynn Cook
  • La Pologne et Airbus négociaient jusque là pour une commande de 50 hélicoptères Caracal

En avril 2015, le pays s'était pourtant engagée à acheter 50 hélicoptères militaires pour un montant supérieur à 3 milliards d'euros.

Le gouvernement polonais avait annoncé mardi soir qu'il rompait les négociations sur le contrat en question, à neuf jours de consultations intergouvernementales prévues le 13 octobre. Il emploie environ 15 000 personnes en France et en Allemagne, dont près de 9 000 à son siège de Marignane, près de Marseille (sud-ouest).

"Le PDG (Guillaume Faury) n'a pas caché que les quatre derniers mois de 2016 sont cruciaux pour Airbus Helicopters", confiait récemment un syndicat du groupe dans un communiqué. Airbus Helicopters, qui avait commencé à assembler une dizaine d'appareils et fait travailler une centaine d'ingénieurs sur ce contrat, serait en droit des réclamer un dédommagement à Varsovie. Dès janvier, la Pologne jugeait "très probable" l'annulation de ce contrat.

Le ministre polonais de la Défense a accusé samedi l'avionneur européen Airbus d'être à l'origine de l'abandon du contrat sur les hélicoptères multirôles, décision qui a provoqué un sérieux coup de froid dans les relations franco-polonaises.

Mais même cette concrétisation n'empêchera pas un trou dans la production en 2017-2018, avec de possibles mesures sociales envisagées par la direction.

" Le gouvernement polonais refuse de signer l'accord sur l'achat d'hélicoptères polyvalents français". Cet appareil a été vendu à 139 exemplaires dans le monde, dont 19 à l'armée de l'Air et de Terre française: Brésil (50 exemplaires), Koweït (30), Mexique (14), Malaisie (12), Thaïlande (8), Indonésie (6). 138 Caracal sont déjà en service en France, au Brésil, au Mexique, en Malaisie, Indonésie et Thaïlande. Cette rupture est notamment due à un désaccord sur des investissements compensatoires (offset) conditionnant la réalisation du contrat d'achat.

Le gouvernement polonais conservateur, en place depuis novembre 2015, a, dès le début, contesté le choix de l'équipe précédente en faveur d'Airbus, au nom de la défense des usines polonaises de ses concurrents, l'américain Lockheed Martin et AgustaWestland, division du groupe italien Leonardo-Finmeccanica.

Cette opération dont les modalités restent à définir et à discuter avec les partenaires sociaux, devra aussi tenir compte du projet arrêté par Airbus Group, de simplifier son organisation pour gagner en efficacité et en compétitivité.

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