Poutine veut se rendre en France en dépit des propos de Hollande

12 Octobre, 2016, 02:33 | Auteur: Lynn Cook

Alors que François Hollande déclarait il y a quelques jours se "poser la question" de recevoir Vladimir Poutine mercredi prochain, en raison des "crimes de guerre" commis par le régime de Bachar al-Assad à Alep avec le soutien de l'aviation russe, l'homme fort du Kremlin a mis fin au suspense. Le président Français l'avoue, il se pose "encore la question".

En déplacement lundi à Istanbul où il a rencontré son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, autre acteur-clé du conflit syrien, Vladimir Poutine a esquissé un premier pas concernant l'aide humanitaire à Alep: "Nous avons une position commune qui est de tout faire pour livrer de l'aide humanitaire à Alep". "Pour chercher l'apaisement, il faut être ferme", prévient cependant Alain Duhamel qui donne raison à François Hollande: "Cela, aurait été indécent de recevoir Vladimir poutine avec les honneurs à Paris". Est-ce que c'est utile? Est-ce que ça peut être une pression?

Le président de la République française n'a pas hésité à menacer directement la Russie: " Si je le reçois, je lui dirai que c'est inacceptable. "Que c'est grave même pour l'image de la Russie ".

A la question de savoir ce qu'il avait envie de dire aux civils d'Alep-Est, la partie de la grande ville du nord contrôlée par les rebelles et soumise à d'intenses bombardements du régime et de son allié russe, François Hollande a répondu: "Ce que je leur dis, c'est que ces populations sont des populations qui aujourd'hui sont victimes de crimes de guerre".

Reflétant un courant traversant tout l'échiquier politique français, qui prône un dialogue accru avec la Russie, et notamment sur la Syrie, l'ancien Premier ministre de droite François Fillon a estimé que "bien sûr", M. Hollande devait "accueillir" son homologue.

Il a ajouté "que ceux qui commettent ces actes auront à en payer la responsabilité, y compris devant la Cour pénale internationale". Le président russe profite des échéances électorales aux États-Unis et en France, mais aussi d'une "Europe sonnée par le Brexit". Sans oublier l'envoi d'armes par la France en dépit de l'interdiction européenne ou encore les "bavures " de l'armée américaine qui a, à plusieurs reprises, bombardé les forces syriennes ou encore les forces irakiennes.

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