Poutine souhaite reporter sa visite prévue le 19 octobre à Paris

12 Octobre, 2016, 02:21 | Auteur: Lynn Cook
  • Angela Merkel, Petro Porochenko, Vladimir Poutine et François Hollande au sommet sur l'Ukraine au Palais de l'Élysée à Paris le 2 octobre 2015  EPA  AFP  Archives

Mardi 11 octobre, le président Vladimir Poutine a annulé une visite à Paris - et une rencontre avec François Hollande - prévues de longue date pour le 19 octobre prochain, à l'occasion de l'inauguration du nouveau Centre spirituel et culturel orthodoxe russe de la capitale française.

Revenant sur les circonstances dans lesquelles la visite de M. Poutine avait finalement été reportée, à la demande de Moscou, il a expliqué: "Monsieur Poutine devait venir à Paris prochainement pour un certain nombre d'inaugurations et de cérémonies".

Jean-Marc Ayrault a eu beau répéter, dimanche, que la Russie était "un pays partenaire, pas un adversaire", force est de constater que sur le dossier syrien, l'opposition entre Paris et Moscou vire au systématisme. "Je considère que le dialogue est nécessaire avec la Russie mais il doit être ferme, net, franc, sinon c'est un simulacre", a ajouté le président français devant l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. "Je suis donc prêt à tout moment à rencontrer le président Poutine mais si nous avons la possibilité de faire avancer la cause de la paix, de faire cesser les bombardements et de proclamer la trêve", a-t-il dit.

La résolution défendue par la France appelait à la fin des raids du régime syrien et de son allié russe sur la deuxième ville de Syrie.

Peu avant, le président français confiait à une télévision française qu'il se "posait la question " de recevoir son homologue russe, en raison des "crimes de guerre " commis par le régime de Bachar al-Assad à Alep avec le soutien de l'aviation russe. La contre proposition russe réclamait la cessation des hostilités, mais sans évoquer ces bombardements, qui ont fait des centaines de morts depuis le début de l'offensive contre Alep le 22 septembre. Lundi matin, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, cité par l'agence de presse russe Tass, assurait encore que les préparatifs se poursuivaient.

" Le président a pris la décision d'annuler sa visite". Pour Moscou, "quand il y a des tensions diplomatiques, il faut parler, c'est le moment où jamais", selon une source diplomatique russe.

La crise syrienne n'est de toute façon pas le seul point d'achoppement entre le Kremlin et l'Élysée. L'Ukraine est également un motif récurrent de tensions, notamment depuis l'annulation de la vente de deux navires Mistral à la Russie par la France.

Quitte à prendre en otage la population russe, grande oubliée de l'équation, qui paie au prix forts les sanctions économiques occidentales prises contre le Kremlin.

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