Poutine reporte sine die sa visite à Paris

12 Octobre, 2016, 02:39 | Auteur: Sue Barrett
  • Angela Merkel, Petro Porochenko, Vladimir Poutine et François Hollande au sommet sur l'Ukraine au Palais de l'Élysée à Paris le 2 octobre 2015

Vladimir Poutine reporte sa visite programmée en France le 19 octobre, a fait savoir le Kremlin à l'Élysée qui proposait une "réunion de travail" sur la Syrie avec François Hollande, a annoncé mardi l'entourage du président français. Paris avait en effet proposé que les rencontres avec les autorités françaises et son homologue François Hollande se réduisent à une simple " visite de travail centrée sur la Syrie ".

Dans une interview diffusée ce lundi sur la chaîne TMC et rendue publique dimanche, François Hollande a expliqué se poser " encore la question " de recevoir le chef d'Etat russe, étant donné " les crimes de guerre " à Alep.

On peut craindre que cette absence de dialogue débouche sur une confrontation directe entre la Russie et l'Occident. Elle s'inscrivait dans un climat tendu lié au soutien de l'armée russe à l'offensive du régime syrien sur la ville d'Alep.

Le samedi 8 octobre, la Russie oppose son veto à l'ONU au texte franco-espagnol sur Alep. "Je vais, sans doute, recevoir Vladimir Poutine".

"En réponse à cette proposition, la Russie vient d'indiquer qu'elle souhaite reporter la visite prévue le 19 octobre", a-t-on ajouté.

Ce dernier était attendu dans la capitale pour inaugurer un centre spirituel et culturel russe, comprenant notamment la nouvelle église orthodoxe du Quai Branly. Les diplomates des deux pays admettent qu'il n'y a jamais eu d'amitié entre les deux hommes, bien qu'ils se tutoient abondamment lors de leurs conférences de presses communes. Lundi 10 octobre, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov cité par l'Agence Tass assurait encore que les préparatifs se poursuivaient.

La position de François Hollande concernant le conflit en Syrie, totalement calquée sur celle de Washington et visant avant tout à renverser le gouvernement de Bachar al-Assad afin de placer un gouvernement favorable aux intérêts économiques occidentaux, rencontre de plus en plus de difficultés sur le terrain. Sur franceinfo, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, refuse de qualifier la situation de "crise diplomatique grave" et affirme que la France est "toujours disponible" pour dialoguer. Se voulant très ferme au sujet de la Syrie, le président français a même menacé la Russie et la Syrie de les envoyer devant la Cour pénale internationale.

La visite en France du président russe était prévue de longue date.

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