Malgré les oppositions, une salle de shoot va ouvrir à Paris — Toxicomanie

12 Octobre, 2016, 01:42 | Auteur: Sandy Vega
  • La ministre de la Santé et des Affaires sociales Marisol Touraine s'exprime devant la presse au palais de l'Elysée le 5 octobre 2016  AFP  Archives

Paris va ouvrir la première "salle de shoot" du pays La première "salle de shoot" officielle en France ouvrira vendredi dans un hôpital parisien.

Cette salle va dans le sens d'un meilleur accès aux droits et aux services sociaux pour les usagers de drogue avec la possibilité d'échanger avec des travailleurs sociaux, infirmiers ou médecins, plaident encore les défenseurs de la salle de shoot.

Avec le lancement de cette expérimentation, la France rejoint de nombreux pays (Allemagne, Australie, Canada, Espagne, Danemark, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas et Suisse) où de tels espaces ont fait la preuve de leur efficacité ces dernières années.

Située au 4 rue Ambroise-Paré (10 arrondissement), dans un bâtiment de l'hôpital Lariboisière, avec une entrée discrète et autonome, elle se trouve au cœur de la plus importante zone de consommation de drogue de la capitale. Chacun donne ensuite son prénom et sa date de naissance, et montre les produits qu'il souhaite consommer. Des matériels stérilisés seront également fournis et la quantité de drogues à injecter fera l'objet d'une stricte surveillance. "Elle va aussi renforcer la sécurité des riverains, en faisant diminuer le nombre de seringues à l'abandon dans la rue", plaide-t-on dans l'entourage de Marisol Touraine. Dès 1995, des distributeurs de seringues y ont été implantés.

L'ouverture de cette salle de shoot intervient après plusieurs années de vif débat.

"Cette salle de consommation à moindre risque ne se substitue pas aux politiques existantes". "Il s'agit d'améliorer la santé des usagers de drogues, améliorer la salubrité publique et la tranquillité des riverains et faciliter le travail des professionnels de la réduction des risques", insiste Catherine Duplessy.

Une deuxième salle doit ouvrir à Strasbourg dans les semaines à venir, puis les pouvoirs publics réaliseront d'ici six ans une évaluation du dispositif avant de décider ou non de le pérenniser. A l'image de "Parents contre la drogue", dont le président, Serge Lebigot, a annoncé la mise en place d'un "observatoire des salles de shoot" sur internet.

Dimanche sur France Inter, Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate LR à la primaire de la droite, s'était prononcée "contre".

Ces tentatives, prévues à titre expérimental pour une durée de six ans par la loi santé votée en décembre 2015, marquent une étape majeure dans la politique française dite " de réduction des risques ". "Ce qui est proposé, c'est d'avoir une amélioration sanitaire" mais "pas d'accompagnement pour pouvoir s'en sortir", avait ajouté l'élue parisienne.

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