Cazeneuve demande à Londres de reprendre des mineurs à Calais

12 Octobre, 2016, 02:41 | Auteur: Sue Barrett
  • Bernard Cazeneuve demande à la Grande Bretagne d'accueillir des migrants de Calais

Bernard Cazeneuve avait demandé à la Grande-Bretagne d'assumer son " devoir moral " en accueillant des centaines de migrants mineurs isolés. Devant le Parlement, Amber Rudd a annoncé: "Le gouvernement du Royaume-Uni a pris l'engagement clair de placer les enfants vulnérables sous le statut de la législation sur l'immigration et de faire en sorte que ceux qui ont un lien avec le Royaume-Uni soient conduits ici sur la base des accords de Dublin". "C'est une question de jours, une semaine au maximum" mais, pour l'instant, "il n'y pas encore d'accord" avec Paris, a-t-elle reconnu.

Le ministre de l'Intérieur, qui effectue dans la journée un voyage-éclair à Londres pour s'entretenir avec son homologue Amber Rudd, a promis de transmettre ce message avec "la plus grande netteté" - une fermeté de ton qui laisse entrevoir la complexité des négociations, dans un climat pré-Brexit.

Dans un communiqué commun, Bernard Cazeneuve et Amber Rudd ont dit s'être engagés pour la réussite du démantèlement du camp de Calais, qui doit avoir lieu prochainement.

"Il y a plusieurs centaines de mineurs isolés à Calais qui ont de la famille en Grande-Bretagne, et nous sommes en train d'établir la liste précise et les Britanniques doivent prendre leurs responsabilités".

Un rapport publié ce week-end par la Croix rouge britannique accuse les autorités du Royaume-Uni de traîner les pieds.

Par ailleurs, les deux pays poursuivront également leur coopération pour assurer le retour des migrants de Calais qui ne sont pas en besoin de protection dans leur pays d'origine. Toujours selon la Croix Rouge britannique "cela prend en moyenne dix à onze mois pour faire venir un mineur au Royaume-Uni" en raison d'erreurs administratives, mais aussi du manque de personnel.

Londres a déjà permis à 70 mineurs de rejoindre leur famille au Royaume-Uni en vertu du "rapprochement familial", mais il reste, selon les associations, environ 900 jeunes de moins de 18 ans dans le bidonville, le plus souvent originaires du Soudan, d'Afghanistan, d'Ethiopie ou d'Erythrée. "Lorsque toutes les caméras seront tournées vers ces mineurs isolés que les Britanniques ne prendront pas, ça se verra, donc ils ont intérêt à les prendre".

Interrogé sur 9 000 places nécessaires pour la réinstallation des migrants dans les centres d'accueil à travers la France, Cazeneuve a informé que son gouvernement en a trouvé 7 000 à l'heure actuelle et s'efforce à combler la lacune avant le démantèlement du camp.

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