Donald Trump au coeur d'un nouveau scandale — États-Unis

11 Octobre, 2016, 02:50 | Auteur: Lynn Cook
  • Donald Trump en meeting dans le New Hampshire le 6 octobre 2016

Le débat ne manquera pas d'être houleux, d'autant que le républicain à un sacré retard à combler devant une Hilary Clinton bien décidée à porter l'estocade. Dès 21h, je publierai un "blogue en direct" consacré au débat. "Je n'ai jamais voté pour un candidat démocrate et nous ne voterons pas pour Hillary Clinton".

J'ai parlé brièvement de cette vidéo qui date de 2005 dans mon billet de vendredi dernier, qui contient aussi un lien direct vers l'extrait incriminant.

Depuis, Donald Trump est sous le feu de la critique, y compris au sein de son parti. En fait, j'ai sous-estimé le problème pour Trump. "En fait, elle est plus intelligente que les autres et ça c'est difficile aux Etats-Unis". Un représentant des républicains a même avoué ne plus pouvoir voter pour Donald Trump. Les excuses de Trump sont venues tard en soirée vendredi, sous la forme inusitée d'une vidéo diffusée sur Facebook.

Le président républicain de la Chambre des représentants Paul Ryan, s'est lui dit "écœuré" par les propos du candidat. Pendant toute la fin de semaine, un à un, des leaders républicains ont qualifié d'inacceptables les propos de Trump et plusieurs d'entre eux sont allés jusqu'à lui retirer leur appui.

Mais rien n'y fait, et pour cause: de nouvelles vidéos, révélées par CNN, montrent Trump tenir des propos tout aussi dégradants que les précédents, concernant sa fille. Un désistement du candidat rendrait la chose difficile mais faisable. "Je ne peux pas défendre" les déclarations du candidat investi par le parti, a affirmé M. Pence, en saluant toutefois le fait que Donald Trump ait présenté des excuses.

Ceci place beaucoup de républicains dans une situation impossible, ce que les Américains appellent un "catch-22".

Outre la perte de voix potentielles causée par la sortie de la vidéo, l'enregistrement ternie amplement l'image du candidat républicain qui a déjà essuyé quelques polémiques sexistes, notamment lorsqu'il avait renommé l'ancienne Miss Univers 1994, " Miss Piggy", en raison de sa prise de poids lors de son mandat. À l'inverse, ils peuvent répudier la candidature de Donald Trump, ce qu'une poignée de législateurs avaient déjà fait avant cet épisode, mais une telle opposition risque de leur coûter des votes parmi les plus fanatiques partisans de Trump. Comment va-t-il réagir au mouvement de contestation contre lui dans son propre parti? Il a épousé sa troisième femme, Melania Knauss, huit mois plus tôt. Il suffirait pour cela qu'il déclenche ce soir une guerre ouverte avec le parti qui l'a nommé comme son candidat.

Favorite des sondages, Hillary Clinton tentera elle de convaincre davantage de sa stature présidentielle. "Elle sera une très grande présidente", croit-il, en dénonçant la "misogynie" dont, selon lui, elle est la victime.

Au plan de la forme, le fait que le débat se déroulera au milieu d'un auditoire d'électeurs indécis constituera un changement majeur par rapport au premier débat. Quant à son adversaire, elle n'a pas renchéri.

- Trump condamné par son colistier. Trump est supposé s'être préparé à ce forum, mais avec la tempête qui lui est tombée dessus ces derniers jours, cette préparation a dû être assez sommaire.

Le candidat républicain devrait doser humilité -en affirmant avoir changé- et attaques contre Hillary Clinton, en ciblant son mari Bill, coupable d'aventures extraconjugales.

Pierre Martin est professeur de science politique à l'Université de Montréal et directeur de la Chaire d'études politiques et économiques américaines au CÉRIUM.

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