France-Les prévisions de déficit du budget 2017 "improbables"-HCFP"

28 Septembre, 2016, 01:47 | Auteur: Aubrey Nash
  • La ministre de l'Education nationale Najat Vallaud Belkacem à l'Assemblée Nationale le 28 septembre 2016

Le HCFP rappelle ainsi que "la plupart des organisations internationales et des instituts de conjoncture " ont abaissé leurs prévisions pour le pays, à l'image de l'OCDE, qui prévoit désormais 1,3 % de croissance en France l'an prochain, ou bien du FMI, qui parie sur 1,2 %.

Autant de facteurs qui rendent "improbables les réductions des déficits prévues par le PLF", de 1,6 % en 2016 à 1,1 % du PIB en 2017 pour le "solde structurel " (c'est-à-dire hors facteurs liés à la conjoncture) et de 3,3 % à 2,7 % pour le solde nominal.

Le Haut conseil, organe indépendant chargé d'évaluer la crédibilité des prévisions budgétaires du gouvernement, émet ainsi des doutes sur les prévisions de recettes retenues dans le projet de budget 2017, jugeant les hypothèses de Bercy "favorables ".

Evoquant des risques sur les dépenses "plus importants" que lors des années précédentes, le Haut conseil cite entre autres le "caractère irréaliste des économies prévues sur l'Unedic" et les "fortes incertitudes sur la réalisation des économies de grande ampleur prévues" dans la cadre du budget de la Sécurité sociale, ou encore l'impact des futures recapitalisations d'EDF et Areva.

En cause, notamment: l'hypothèse de croissance maintenue par le gouvernement à 1,5% du produit intérieur brut, malgré les mauvais résultats du deuxième trimestre 2016 (-0,1%) et en dépit des multiples inquiétudes pesant sur l'année 2017.

Une série de facteurs qui conduisent le Haut conseil à qualifier "d'improbable" la réduction du déficit public à 2,7% promise par le gouvernement, et même "d'incertain" le retour sous la barre des 3%, attendu impatiemment par Bruxelles.

La France a déjà obtenu deux délais de deux ans, en 2013 et en 2015, pour repasser sous la barre fatidique des 3 % du PIB. Le gouvernement n'a eu de cesse ces derniers mois d'afficher sa volonté de respecter cet engagement, avant la fin 2017.

Dans une réaction transmise à l'AFP, le ministre de l'Economie et des Finances Michel Sapin a assuré mardi la "détermination du gouvernement à permettre à la France en 2017 de passer sous les 3% de déficit des finances publiques", insistant sur le "sérieux budgétaire" de son ministère.

Dans un entretien accordé au quotidien L'Opinion, le commissaire européen aux Affaires économiques et financières Pierre Moscovici se déclare confiant à ce sujet. "Le Haut Conseil, peut-être est-ce dans sa nature, a toujours fait preuve de scepticisme devant les perspectives budgétaires de la France", commente le ministre de l'économie et des finances. "A ce stade, je pense que les choses sont jouables".

Le "pacte de responsabilité" prévoyait initialement pour 2017 une baisse d'un point de l'impôt sur les sociétés (IS) et la disparition totale de la C3S (contribution sociale de solidarité des sociétés).

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