Violents combats à Alep après une nuit de bombardements — Syrie

24 Septembre, 2016, 13:26 | Auteur: Lynn Cook

Des violents combats se déroulaient jeudi dans les quartiers périphériques d'Alep alors que le centre des quartiers rebelles était en feu à la suite d'intenses bombardements.

Alep, ancienne capitale économique de Syrie, est divisée depuis 2012 entre quartiers tenus par les rebelles opposés au président Assad à l'Est et quartiers soutenant le régime à l'Ouest.

Son homologue russe, Sergueï Lavrov, a une nouvelle fois nié toute responsabilité de son pays dans les attaques contre les humanitaires en Syrie.

La nationalité des avions ayant mené ce raid n'a pas été déterminée dans l'immédiat, mais les forces aériennes du régime et de son allié russe frappent fréquemment dans la province d'Alep.

Le chef de la diplomatie américaine a observé que "pour rétablir la crédibilité du processus, nous devons tenter de clouer au sol immédiatement tous les aéronefs qui volent" dans les zones de conflit, autour de la ville martyre d'Alep au nord de la Syrie, point névralgique de la guerre.

A Genève, l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura a souhaité entamer "ces prochaines semaines" des pourparlers "directs" avec les parties syriennes et a appelé à une nouvelle trêve.

Malgré la destruction d'un convoi humanitaire près d'Alep dont on ne connait pas le responsable, les membres du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS) coprésidé par la Russie et les Etats-Unis se sont mis d'accord pour ne pas abandonner la tentative de faire respecter le cessez-le-feu, conformément à l'accord conclu par Moscou et Washington le 10 septembre.

La guerre en Syrie qui a débuté en mars 2011 après la répression dans le sang de manifestations prodémocratie a fait plus de 300.000 morts et poussé des millions de Syriens hors de leur foyers.

"Les raids ininterrompus la nuit dernière ont été si violents que c'est vraiment indescriptible", a de son côté affirmé à l'AFP Ibrahim Abou al-Leith, porte-parole des "Casques blancs".

Selon des militants antirégime du Aleppo Media Center, des "bombes au phosphore" ont été utilisées.

"Ils se sont d'abord entretenus par téléphone " à l'initiative des Américains " avant de se rencontrer, accompagnés de leur délégation, pour " continuer à discuter du problème du règlement [du conflit] syrien ", selon un message publié par le ministère dans la nuit de mercredi à jeudi.

Pour son directeur Rami Abdel Rahmane, il s'agit "des frappes les plus intenses depuis des mois" sur ces deux quartiers. Un correspondant de l'AFP dans cette zone de la Ghouta orientale a indiqué avoir entendu des frappes aériennes ainsi que des tirs de roquettes. Des bombardements ont tué au moins 12 civils, dont deux enfants, a rapporté l'ONG. L'attaque a été revendiquée par l'organisation jihadiste Etat islamique.

L'ONU a demandé jeudi au président syrien Bachar al-Assad de lui permettre de distribuer l'aide alimentaire bloquée à la frontière turco-syrienne, soulignant qu'elle sera périmée lundi.

En dépit des violences, l'ONU a dépêché jeudi un convoi humanitaire vers une zone rebelle assiégée dans la périphérie de Damas, selon un porte-parole à Genève.

Le Croissant-Rouge arabe syrien a suspendu pour trois jours ses opérations dans la province d'Alep après l'attaque lundi soir d'un convoi de 31 camions et d'un entrepôt à Ourm al Koubra qui a tué un humanitaire et une vingtaine de civils. Le Pentagone a démenti cette information. L'opposition et ses soutiens accusent le régime de Damas de procéder à des déplacements forces de populations avec ces trêves locales.

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