Des convois humanitaires malgré tout — Syrie

24 Septembre, 2016, 13:26 | Auteur: Lynn Cook
  • Les raids aériens se poursuivent sur Alep tuant de nombreux civils

Un déluge de feu s'est abattu vendredi sur les quartiers rebelles d'Alep soumis à des bombardements d'une violence inouïe du régime syrien et de son allié russe, prélude à une opération terrestre contre cette partie de la ville où vivent 250.000 habitants.

L'incident est survenu un jour après que le ministère syrien de la Défense a annoncé le début d'une nouvelle offensive sur les zones sous contrôle rebelle dans l'est d'Alep.

En dépit des violences, l'ONU a dépêché jeudi un convoi humanitaire vers une zone rebelle assiégée dans la périphérie de Damas, selon un porte-parole à Genève.

" Nous pouvons confirmer que trois civils ont été tués et des dizaines blessés dans le quartier de Fardous, mais le bilan risque de s'alourdir, car des gens se trouvent toujours sous les décombres", a déclaré le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

L'armée du régime de Bachar al-Assad, qui assiège la partie rebelle de la ville divisée d'Alep quasiment en continu depuis deux mois, veut reconquérir la totalité de l'ancienne capitale économique de Syrie.

L'"enfer" de cette guerre qui a fait plus de 300'000 morts et provoqué la pire tragédie humanitaire depuis la Seconde guerre mondiale "jette la honte sur nous", a tonné mercredi le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon lors d'une session de crise du Conseil de sécurité. Les chefs de la diplomatie américaine et russe John Kerry et Sergueï Lavrov, parrains de la trêve, s'exprimeront durant cette réunion. Mais ce qui a enlevé toute crédibilité à l'accusation portée par Ayrault contre le régime est qu'elle a été formulée alors que les groupes terroristes que soutient la France en les présentant comme faisant partie de la rébellion " modérée " anti-régime se sont déclarés contre la trêve et fait savoir qu'ils n'en respecteraient pas la clause, et que la coalition menée par l'Amérique venait de commettre un " casus belli " contre ces mêmes forces du régime qui donne toute raison à celui-ci de rompre l'engagement qu'il a pris de respecter les dispositions de l'accord russo-américain. Lavrov a lui affirmé qu'il était désormais "essentiel" que l'accord américano-russe signé le 9 septembre sur la Syrie mais rompu lundi "ne soit pas perturbé".

"Les combats ont commencé aussitôt après l'échec de la réunion du GISS".

"Horribles images de bâtiments résidentiels en feu après des raids du régime/russes avec des bombes au phosphore sur Alep", a affirmé dans un tweet un journaliste citoyen, Hadi al-Abdallah. L'attaque a été revendiquée par l'organisation jihadiste Etat islamique.

L'OSDH a fait également état de violents combats dans le quartier sud-ouest de de Ramoussa, où les rebelles tentent d'enrayer une offensive gouvernementale.

"S'il vous plait, président Assad, faites ce que vous avez à faire pour nous permettre d'accéder à l'est d'Alep et aussi aux autres zones assiégées", a lancé Jan Egeland, le chef du groupe de travail de l'ONU sur l'aide humanitaire en Syrie.

Interrogée sur le rôle des Russes, elle a ajouté que "tout indique qu'ils cautionnent totalement cette attaque massive sur Alep et que non seulement ils la soutiennent, mais qu'ils y participent". Le régime syrien qualifie de " terroriste " tous ceux, sans distinction, qui ont pris les armes contre lui.

La Russie et la Syrie accusent ces organisations de tenter d'exploiter la trêve pour la relance des attentats contre l'armée syrienne et les civils.

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