Syrie: les consultations prévues vendredi soir à l'Onu annulées

18 Septembre, 2016, 01:04 | Auteur: Aubrey Nash
  • Trêve en Syrie l'ONU appelle Washington et Moscou à débloquer l'aide humanitaire

Le président russe Vladimir Poutine a assuré samedi que Moscou tenait ses engagements prévus par l'accord américano-russe sur la Syrie et que l'armée syrienne "respectait complètement" la trêve, mais a accusé les rebelles d'en profiter pour "se regrouper".

Concrètement, les Nations unies attendent la démilitarisation d'une route clé, celle dite du Castello, pour acheminer de l'aide dans les quartiers rebelles dans l'est d'Alep, principal front du conflit, comme le stipule l'accord américano-russe sur la trêve.

Il a toutefois précisé que Moscou s'abstiendrait "de révéler des détails tant que nos partenaires américains ne seront pas d'accord pour le faire".

L'accord de trêve a été conclu par les Etats Unis et la Russie.

Jeudi, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) avait affirmé que les troupes du régime étaient toujours sur cet axe alors que la Russie a fait état du début du retrait de l'armée de son allié syrien.

Il n'en reste pas moins que le niveau des violences a sensiblement baissé sur l'ensemble des fronts, à la faveur de l'accord russo-américain qui vise à favoriser une solution au conflit très complexe qui a fait plus de 300.000 morts depuis 2011. Mais elle a été marquée à son quatrième jour, selon l'OSDH, par plusieurs accrocs notables, qui ont fait les premières victimes civiles depuis son entrée en vigueur.

Les régions sous contrôle des groupes jihadistes État islamique (EI) et Front Fateh al-Cham sont exclues de l'accord de trêve et continuent d'être la cible notamment de frappes aériennes russes, du régime syrien et des États-Unis.

Une source militaire a par ailleurs fait état "d'affrontements intenses et de tirs de roquettes" dans la périphérie de Damas, où l'armée syrienne a bloqué une tentative des rebelles d'entrer dans la capitale via le quartier de Jobar.

Par ailleurs, si la Russie a indiqué vendredi sa disposition à reconduire le cessez-le-feu de 72 heures, les deux parrains ne l'ont pas formellement prolongé.

"Bien que le cessez-le-feu soit un accord bilatéral, seul un des belligérants le respecte véritablement", a déclaré dans la journée de vendredi le général Igor Konachenkov, porte-parole du ministère russe de la Défense.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a insisté sur la nécessité de débloquer l'aide humanitaire lors d'un entretien téléphonique vendredi avec son homologue russe Sergueï Lavrov.

Les quarante camions d'aide humanitaire destinés au quartier est d'Alep, sont toujours bloqués dans une zone tampon entre la Turquie et la Syrie. Selon cet accord, Moscou doit faire pression sur son allié le régime syrien de Bachar el Assad Assad, tandis que Washington doit faire de même auprès des rebelles syriens soutenus par les Etats Unis.

Pour accéder aux 250 000 habitants vivant dans la zone rebelle d'Alep, l'aide humanitaire doit passer par la route de Castello.

La situation en Syrie s'est complexifiée encore davantage avec l'annonce par le Pentagone que des forces spéciales américaines avaient été déployées en appui de l'armée turque et de groupes rebelles modérés dans leur offensive contre l'EI dans le nord de la Syrie.

Un porte-parole du groupe rebelle Faïlak al Rahman, implanté dans ce secteur, a affirmé que les insurgés avaient riposté à une attaque des forces gouvernementales.

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