La Turquie se félicite de l'accord entre Américains et Russes — Syrie

13 Septembre, 2016, 01:07 | Auteur: Lynn Cook
  • Des bébés évacués des décombres le 11 septembre 2016 à Alep après un raid aérien- AMEER ALHALBI

La prudence demeure toutefois de mise. Vendredi, M. Lavrov est revenu sur un grief de longue date de la Russie vis-à-vis des États-Unis: "à l'en croire, les Américains protègent le front al-Nosra et ne bombardent pas ses positions, afin d'utiliser le groupe islamiste pour renverser le régime d'Assad". Des négociations de paix tenues en parallèle s'étaient aussitôt écroulées.

L'accord prévoit la "démilitarisation" de la route du Castello au nord d'Alep, qui était un axe de ravitaillement pour les rebelles avant que le régime n'en reprenne le contrôle le 17 juillet, plongeant la ville en état de siège. Les affrontements continuent, eux, de faire leur lot de victimes quotidiennes. L'un des points forts de l'accord réside dans la rupture exigée entre les rebelles et les djihadistes de Fatah al-Cham, l'ex-organisation al-Nosra, la branche syrienne d'al-Qaida. Son gouvernement n'a d'ailleurs fait aucun commentaire public à ce sujet.

Cette énième tentative d'arrêter la violence est censée débuter lundi à 19h00 (18h00 en Suisse) et coïncidera avec l'Aïd el-Adha, la grande fête musulmane du sacrifice.

Dans une lettre envoyée à Washington dimanche, les rebelles dits modérés ont confirmé qu'ils entendaient " coopérer positivement", mais sans cacher leur scepticisme.

"Les clauses de l'accord qui nous sont parvenues n'incluent pas des garanties claires et des mécanismes de surveillance (.) ni les répercussions en cas de violations de la trêve", disent-ils. Pour de nombreux observateurs, l'application de l'accord dépend avant tout de la Russie.

Le président Bachar al-Assad a douché les espoirs d'une solution rapide au conflit en déclarant lundi vouloir "reprendre" tout le territoire syrien échappant à son contrôle. "J'espère que ça va durer pour avoir une lune de miel d'au moins une semaine".

Le site américain Vox résume (en anglais) le plan en quatre phases: d'abord un cessez-le-feu, puis une séparation entre "bons" et "mauvais" rebelles, c'est-à-dire convaincre les rebelles de se dissocier de leurs alliés jihadistes.

Ces accords ont été conclus à l'issue de la rencontre entre les présidents russe et américain Vladimir Poutine et Barack Obama à Hangzhou, en Chine, la semaine dernière. Ils préviennent cependant qu'ils entendent " résister aux actions offensives ".

Son homologue américain a dit espérer, avec la Russie, que ce plan permette d'ouvrir la voie "à une paix négociée et à une transition politique en Syrie". Le ministre russe Sergueï Lavrov l'a admis: la Russie ne peut pas "garantir à 100%" que tous les belligérants respecteront cette nouvelle trêve. Son bureau pourrait commenter plus amplement la situation mardi matin.

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