Ouzbékistan : Le Président Islam Karimov dans un état de santé très critique

04 Septembre, 2016, 13:39 | Auteur: Lynn Cook

Après des heures d'informations contradictoires, de condoléances sans confirmation officielle, le gouvernement ouzbek a mis fin aux rumeurs vendredi en fin de journée: le président Islam Karimov est mort.

Parallèlement à cette gouvernance sans partage, Karimov oppressait les Ouzbeks, comme en témoignent les fréquentes condamnations des organisations internationales à son égard.

Le président ouzbek préservait également jalousement l'indépendance de son pays vis-à-vis de la Russie et il avait suspendu en 2012 la participation de l'Ouzbékistan à l'Organisation du traité de sécurité collective, qui regroupe plusieurs anciennes républiques soviétiques. De la même manière, en 2007 puis en 2015, il truste les élections présidentielles avec des scores rappelant la guerre froide et ses scrutins de façade: 88% et 90% des voix.

Parmi les dirigeants des pays d'Asie centrale, le président tadjik Emomali Rakhmon a fait le déplacement. Des centaines de civils avaient alors été tués, selon des témoignages recueillis par les mouvements de défense des droits de l'homme. Le pays couvre par sa propre production quasiment tous ses besoins intérieurs en énergie.

Or, il ne faut pas oublier un éventuel troisième prétendant, le premier vice-premier ministre ouzbek et ministre des Finances du pays, Roustam Azimov, estime Graziani Tiberio.

En début de semaine sa fille cadette avait annoncé sur Instagram que son père avait été victime d'une hémorragie cérébrale. Lola Karimova-Tilliaeva a notamment représenté l'Ouzbékistan auprès de l'Unesco à Paris. Mais sa fille Goulnara, pressentie pour lui succéder, est tombée en disgrâce il y a deux ans et elle n'était pas visible samedi dans le cortège funéraire.

Les habitants de Tachkent sont venus assister au passage du corbillard qui transporte le chef d'Etat défunt.

"Si notre président avait vécu encore dix ans, l'Ouzbékistan aurait été méconnaissable, encore plus fort", a assuré à l'AFP un homme de 58 ans à Samarcande, dont le centre avait été bouclé par la police.

La mort du président ouzbek Islam Karimov ouvre une page inédite pour ce pays d'Asie centrale qui n'a pas connu d'autre chef d'État en 25 ans d'indépendance.

Les autorités de l'ex-république soviétique ont décrété trois jours de deuil national à partir de samedi.

Recommande: