La réélection d'Ali Bongo contestée dans la violence — Gabon

03 Septembre, 2016, 16:28 | Auteur: Lynn Cook

Ce dernier rassemble 49,80 % des voix contre 48,23 % à Jean Ping.

Jean Ping réclame le recomptage des voix pour de nouveau départager les deux parties.

Libreville sous haute tension.

Les forces de l'ordre ont par ailleurs fait usage de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes pour repousser les manifestants qui voulaient s'approcher du siège de la commission. Il y a eu des blessés. Les hélicoptères de la police ne cessaient de tournoyer dans le ciel pour contenir les violences. Sur la toile, les commentaires à l'adresse de la victoire d'Ali Bongo aux présidentielles du Gabon sont également virulents. Dans la soirée de mercredi, l'Assemblée nationale a été incendiée.

Un panache se dégageait dans la nuit au-dessus du palais Léon Mba. Des tirs ont été entendus toute la nuit et des colonnes de fumée s'échappaient de plusieurs quartiers populaires.

Protégée par des grilles, l'Assemblée nationale se trouve sur le prestigieux boulevard Triomphal, siège de grandes institutions (télévision d'État Gabon Télévision, Sénat, Centre culturel français, ministère du Pétrole, ambassades de Chine, de Russie.).

Au moment même des troubles, Ali Bongo s'est félicité d'une élection " exemplaire ".

Jean Ping, 73 ans, ancien président de la Commission de l'Union africaine et ancien ministre gabonais des affaires étrangères.

"Ils ont attaqué vers 1 h (local, 0 h GMT)". C'est la garde républicaine. "Il y a 19 blessés dont certains très graves", a déclaré M. Ping par téléphone. Les forces de sécurité ont ensuite donné l'assaut contre le QG de l'opposant Jean Ping. Depuis, des heurtes sont signalés ça et là entre force de l'ordre et militants de Jean Ping. Auparavant, M. Ping avait évoqué la mort de trois personnes dans les manifestations consécutives à la proclamation des résultats.

Ce jeudi matin, la France demande l'arrêt "au plus vite" des affrontements.

François Hollande a lui aussi appelé "toutes les parties à la retenue et à l'apaisement" au Gabon et demandé "un processus garantissant la transparence", après la réélection controversée du président sortant Ali Bongo Odimba qui a provoqué de violentes émeutes, selon un communiqué de l'Elysée. LUE a également demandé aux protagonistes de maintenir le calme dans le pays.

"Les élections doivent refléter de manière crédible la volonté du peuple", a rappelé le département d'Etat américain, selon une déclaration de son porte-parole John Kirby.

"Nous appelons le gouvernement gabonais à publier les résultats de chaque bureau de vote ", a-t-il ajouté. Fait qui a intrigué la communauté internationale et les habitants sachant que les votes ne dépassent pas de 60 % dans les autres provinces. Les Etats-Unis souhaitent aussi, selon M. Kirby, que quiconque voudrait contester les résultats le fasse "de manière pacifique et en respectant le système légal gabonais".

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