La Turquie frappe les milices kurdes en Syrie, Washington s'inquiète

31 Août, 2016, 11:03 | Auteur: Lynn Cook
  • Des civils tués par des bombardements turcs en Syrie

" Si on regarde la carte de la Syrie, en fait, on peut facilement comprendre pourquoi la Turquie intervient: on voit que toute la frontière syrienne, au nord, est contrôlée par les Kurdes, sauf une petite partie", indique Husseyin Akyol. La Turquie, un acteur supplémentaire dans le conflit syrien, c'est un casse-tête pour les Etats-Unis.

L'émissaire présidentiel américain auprès de la coalition internationale antijihadiste, Brett McGurk, a pourtant déclaré lundi que les affrontements entre la Turquie et les forces arabo-kurdes soutenues par les États-Unis sont "inacceptables". Les combats se concentrent au sud de la ville syrienne de Jarablos, prise mercredi dernier par les rebelles pro-Ankara.

Selon son ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, "les YPG (Unités de protection du peuple kurde), comme les Etats-Unis l'ont promis, et eux-mêmes l'ont déclaré, doivent repasser à l'est de l'Euphrate dès que possible et tant qu'ils ne le feront pas ils (resteront) une cible".

Dans un communiqué, le président Recep Tayyip Erdogan a confirmé que l'offensive se poursuivrait jusqu'à " la fin de la menace de DAECH (l'EI), du PKK et des YPG ". C'est le trésor de guerre saisi par les rebelles syriens soutenus par la Turquie. "L'EI n'est pas présent au sud de Jarablos", fait remarquer le Pentagone.

"Nous appelons les deux parties (.) à continuer à concentrer leurs efforts sur le groupe Etat islamique, c'est la base de notre coopération avec elles", a renchéri le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter.

Ankara a par ailleurs jugé comme "inacceptables" les vives critiques formulées la veille par les Etats-Unis sur les affrontements entre les forces turques et les combattants kurdes. Si cette décision va dans le sens des demandes d'Ankara, elle maintenait toutefois les combattants affiliés aux FDS à l'ouest de l'Euphrate.

De son côté, le président turc Reccep Tayyip Erdogan n'a pas confirmé la cessation des hostilités contre les forces kurdes de Syrie.

Sur le front diplomatique, le ministère syrien des Affaires étrangères a condamné " les violations, les agressions et les massacres commis par le régime turc", les qualifiant de " crimes contre l'humanité", dans une lettre adressée à l'ONU et diffusée par l'agence officielle de presse syrienne Sana. Obama et Erdogan depuis la tentative de coup d'État avortée du 15 juillet en Turquie. Cet événement qui a créé des tensions entre les deux pays a continué de s'accroître avec l'opération "Bouclier de l'Euphrate".

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