Attentat de Gaziantep : la Turquie s'efforce d'identifier le kamikaze

23 Août, 2016, 06:04 | Auteur: Lynn Cook
  • Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu lors d'une conférence de presse le 12 août 2016 à Ankara           Adem Altan- AFP  Archives

Cet attentat est le dernier d'une vague d'attaques sanglantes en Turquie depuis un an.

Recep Tayyip Erdogan avait auparavant mis en cause l'organisation djihadiste Etat islamique (EI), à laquelle ont été attribués plusieurs attentats commis ces derniers mois en Turquie, dont celui qui a fait 44 morts à l'aéroport d'Istanbul en juin.

Des affirmations radicalement contredites lundi par son Premier ministre, Binali Yildirim: "Nous ignorons totalement qui sont les auteurs de cet attentat".

"Daech doit être éliminé de nos frontières et nous sommes prêts à tout faire pour cela", a déclaré Mevlut Cavusoglu lors d'une conférence de presse à Ankara.

L'attentat a eu lieu samedi soir dans la ville de Gaziantep, proche de la frontière syrienne. L'attaque est l'attentat le plus meurtrier en un an en Turquie.

L'artillerie turque pilonne depuis plusieurs jours les positions tenues par l'EI à sa frontière avec la Syrie.

Le quotidien "Hurriyet" a indiqué que des tests d'ADN étaient en cours pour déterminer l'identité du kamikaze.

Ce 20 août, l'attentat kamikaze a tué 54 personnes selon le dernier bilan, dont une majorité d'enfants et d'adolescents. Parmi les 51 victimes recensées se trouvent 22 enfants de moins de 14 ans.

M. Erdogan a également expliqué dimanche que l'EI avait essayé de "se positionner" à Gaziantep, située juste à 60 km au nord de la frontière avec la Syrie et où affluent les nombreux réfugués syriens qui fuient la guerre depuis cinq an et demi dans leur pays.

Il est possible qu'il soit arrivé de Syrie, mais l'EI a implanté des cellules en Turquie, notamment à Gaziantep et à Istanbul, a rappelé son éditorialiste Abdulkadir Selvi.

Les forces de sécurité turques pensent que l'attaque a été menée par les jihadistes en représailles aux offensives en cours en Syrie des milices kurdes et de l'opposition syrienne soutenue par Ankara contre l'EI.

"Nous payons le prix d'une bataille contre l'EI", a écrit l'éditorialiste. "Beaucoup de Kurdes ont perdu la vie", a déploré le parti pro-kurde HDP, condamnant l'attentat dans un email.

Les autorités recherchaient aussi activement deux personnes qui auraient accompagné le jeune kamikaze sur les lieux du mariage avant de s'enfuir.

Les jeunes mariés - un couple qui avait fui les combats de la région de Siirt pour venir à Gaziantep dans l'espoir d'y trouver la paix - ont survécu mais sont traumatisés.

Selon le parquet de Gaziantep, les restes d'une ceinture d'explosifs ont été retrouvés sur les lieux de l'attentat. Les corps qui ont pu être identifiés ont été inhumés lors de cérémonies très émouvantes hier, avec des proches désespérés qui se jetaient sur les cercueils. Dans un communiqué, le chef de l'Etat a dit ne faire "aucune différence " entre le prédicateur en exil Fethullah Gülen, qu'il accuse d'avoir ourdi le coup d'Etat raté du 15 juillet, les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et le groupe djihadiste EI, "probable auteur de l'attentat de Gaziantep ".

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