Le maire de Cannes interdit le port du Burkini sur ses plage

13 Août, 2016, 01:55 | Auteur: Sandy Vega
  • People sunbath on the beach during the 67th edition of the Cannes Film Festival in Cannes southern France

Quelques jours après la polémique autour d'une sortie aquatique en burkini organisée par une association marseillaise de femmes musulmanes, ce maillot de bain qui couvre l'ensemble du corps et des cheveux fait de nouveau parler de lui.

Pourtant, le maire Les Républicains (droite) de Cannes David Lisnard a décidé fin juillet d'interdire "l'accès aux plages et à la baignade (.) à toute personne n'ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes moeurs et de la laïcité". Toute infraction fera l'objet d'un procès verbal et sera punie de l'amende.

La mesure, qui est en vigueur jusqu'au 31 août, est intervenue à la suite d'attaques qui ont frappé la ville de Nice et une église catholique du nord de la France. Concernant les potentiels troubles à l'ordre public, il lance: "Dans ce contexte d'état d'urgence, on ne sait pas comment les gens pourraient réagir devant des tenues provocatrices". Le maire se défend d'interdire tout port de signe religieux... "On n'interdit pas le voile, ni la kippa, ni les croix, j'interdis simplement un uniforme qui est le symbole de l'extrémisme islamiste". " En consultation avec notre équipe juridique et notre avocat dans la région, maitre Sefen Guez Guez, nous allons mener une action pour contester cet arrêté et rappeler au maire (et à tous les islamophobes qui le soutiendraient) les bases de la loi", indique-t-il sur sa page Facebook. Selon lui, aucun port de burkini n'a été constaté à Cannes depuis cet arrêté. Le directeur général des services de la ville de Cannes, Thierry Migoule, va plus loin: il estime que le burkini fait partie de ces " tenues ostentatoires qui font référence à une allégeance à des mouvements terroristes qui nous font la guerre".

Jeudi 11 août, l'Observatoire de la laïcité a expliqué sur Twitter que: "si des restrictions vestimentaires sont décidées, en l'espèce, elles ne peuvent se fonder sur le principe de la laïcité". Ce vendredi, le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) a annoncé avoir saisi la justice en référé-liberté afin de contester ce texte. L'interdiction, votée en 2010, du port du voile intégral dans l'espace public, plages comprises, l'avait d'ailleurs été au nom de la sécurité (la dissimulation du visage) et non de la condition de la femme ou de la laïcité.

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