Turquie: pas "l'ombre d'une preuve" pour extrader Gülen

06 Août, 2016, 08:37 | Auteur: Sue Barrett
  • Turquie: pas

Ce prédicateur, qui s'est exilé depuis 1999 en Pennsylvanie, aux États-Unis, est accusé par Erdogan d'être le cerveau de la tentative de coup d'Etat du mois de juillet, une affirmation pourtant farouchement niée par l'intéressé.

Un tribunal d'Istanbul a émis ce jeudi un mandat d'arrêt à l'encontre de Fethullah Gülen.

Le mandat d'arrêt accuse l'ancien imam d'avoir "ordonné la tentative de coup d'État du 15 juillet".

Premier chef d'Etat étranger à faire le voyage d'Ankara trois semaines après le putsch, le président du Kazakhstan Noursoultan Nazerbaïev a promis lors d'une conférence de presse avec M. Erdogan d'expulser vers la Turquie toute personne du réseau des écoles pro-Gülen qui aurait "des liens avec le terrorisme".

Cette visite, si elle se confirme, interviendra alors que les relations entre la Turquie et les Etats-Unis sont sérieusement mises à l'épreuve par la demande turque d'extradition du prédicateur exilé aux Etats-Unis Fethullah Gülen. Les Etats-Unis ont demandé des preuves à Ankara de l'implication de l'ex-imam septuagénaire.

La Turquie a indiqué avoir déjà fourni à deux reprises des "dossiers " sur le rôle de Gülen dans le coup d'Etat manqué. Ce dossier promet d'empoisonner durablement les relations turco-américaines.

Washington a répété jeudi que cette procédure juridique prenait du temps. "Il est bien connu que les tribunaux turcs ne disposent pas de l'indépendance judiciaire, et ce mandat est un nouvel exemple de la trajectoire du président Recep Tayyip Erdogan vers l'autoritarisme et contre la démocratie", affirme-t-il dans un communiqué.

Les plus hauts responsables de Turquie ont déjà réclamé de nombreuses fois aux Etats-Unis l'extradition du "terroriste" Gülen. Le ministère de la Justice "essaie toujours de déterminer si les documents fournis (par Ankara) constituent une demande formelle d'extradition", a expliqué Mark Toner, porte-parole du Département d'Etat.

"Ceux déjà arrêtés ne sont que le sommet de l'iceberg", a-t-il poursuivi, "les autres restent à l'oeuvre". Le 23 juillet, il avait été placé en garde à vue dans la ville de Erzurum, dans l'est de la Turquie. "Il ne fait pas de doute que le monde des affaires est un pilier de l'organisation", a-t-il assuré devant un groupe de membres des Chambres de commerce à Ankara.

Selon les dernières données fournies mercredi par le ministre de l'Intérieur Efkan Ala, près de 26 000 personnes ont été placées en garde à vue et 13 419 étaient en détention préventive.

La Turquie et l'Autriche ont à nouveau eu des échanges fort peu diplomatiques, au lendemain d'une vive passe d'armes sur les négociations d'adhésion turque à l'Union européenne, devenues "une fiction" selon Vienne.

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