Deux mises en examen dans l'entourage d'un des tueurs — Prêtre égorgé

04 Août, 2016, 07:08 | Auteur: Ruben Ruiz

Ce dimanche 31 juillet, une nouvelle personne a été arrêtée, a annoncé le parquet de Paris. Franck Petitjean, père d'Abdel Malik Petitjean, l'un des deux terroristes de Saint-Etienne-du-Rouvray, a confié à "Sud-Ouest" et France 24 ne pas réussir à croire que son fils ait ainsi pu être endoctriné par Daech. Selon les enquêteurs, l'homme savait qu'une attaque imminente était en préparation. L'homme, né à Nancy, "avait parfaitement connaissance, si ce n'est du lieu et du jour précis, de l'imminence d'un projet d'action violente de son cousin", selon le parquet de Paris qui a requis son placement en détention provisoire et ouvert une information judiciaire, confiée à des juges antiterroristes.

Certains fidèles musulmans ont sans doute hésité à passer le seuil des églises, comme à Saint-Paul, intimidant édifice du quartier du Marais à Paris.

Les enquêteurs creusent aussi la piste des réseaux sociaux. C'est par l'intermédiaire de la messagerie cryptée Telegram qu'ils ont dialogué pour préparer l'attentat. À Rouen, l'auguste cathédrale était pleine à craquer.

A cette date, les enquêteurs ont découvert que le téléphone portable d'Abdel Malik Petitjean avait " borné " dans la zone du domicile de Kermiche jusqu'au 26 juillet, le jour de l'attaque.

Aux côtés de quelque 400 catholiques et face au portrait du père Hamel ceint de bouquets de fleurs, ils ont écouté avec attention les paroles d'apaisement du père Moanda, qui a rappelé que "la fraternité existe entre les deux religions".

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Sur le plan de l'enquête, un demandeur d'asile syrien a été interpellé jeudi dans l'Allier. Cette dernière a, depuis, été levée.

Quatre jours après l'attentat revendiqué par Daesh en l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray, qui a coûté la vie à un prêtre et blessé un paroissien, les investigations se poursuivent.

Celui de Jean-Philippe J. Fiché " S", il s'était rendu le 10 juin avec lui en Turquie avant d'être refoulé le lendemain.

A ce stade, "rien ne montre qu'il ait une quelconque implication" dans l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, dans lequel un prêtre a été égorgé dans son église, a averti la source proche de l'enquête.

Trois personnes étaient toujours en garde à vue vendredi soir dans l'enquête spécifique sur l'attentat, parmi lesquelles un mineur de 16 ans.

Le mineur n'en a toutefois pas fini avec la justice: des documents de propagande jihadiste ont été retrouvés dans son téléphone et son ordinateur et ces éléments ont été transmis par le parquet de Paris à son homologue de Rouen, territorialement compétent et qui pourrait décider d'ouvrir une procédure distincte pour "apologie du terrorisme ". Un homme, qui avait tenté de rejoindre la Syrie en juin avec le djihadiste a également été mis en examen.

Dans cet enregistrement de 2 minutes 26 secondes, on le voit vêtu d'un polo rayé vert et blanc, parler apparemment seul à la caméra depuis l'intérieur d'un logement.

Mercredi, l'EI avait diffusé une première vidéo des deux tueurs, barbus, prêtant allégeance au chef du groupe jihadiste Abou Bakr al-Baghdadi. "J'ai peur qu'elle se venge car elle était très proche de son frère".

Tous répondaient à un appel inédit du Conseil français du culte musulman, qui a aussi été relayé en Italie où, de Milan au nord à Palerme au bout de la Sicile, de petites délégations d'imams, de responsables et de fidèles se sont rendues dans les églises.

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