Valls reconnaît un "échec" judiciaire pour l'un des tueurs — Prêtre égorgé

30 Juillet, 2016, 00:28 | Auteur: Lynn Cook
  • Une prise d'otage a eu lieu à Saint-Etienne-du-Rouvray mardi matin

Sur les mesures proposées par Nicolas Sarkozy, Manuel Valls a estimé que "beaucoup" avaient déjà été adoptées dans la loi du 3 juin de la lutte contre le terrorisme et dans la loi du 21 juillet de prorogation de l'état d'urgence.

Manuel Valls s'est également exprimé sur le financement étranger des mosquées et l'islam de France.

Face aux critiques, le chef du gouvernement fait valoir ses arguments.

Dans une longue interview publiée par Le Monde vendredi matin, Manuel Valls entend répondre aux attaques de l'opposition accusant le gouvernement de "tétanie" face au terrorisme. Le terroriste abattu par les forces de l'ordre mardi alors qu'il sortait de l'église où il venait d'égorger le père Hamel, avait été remis en liberté sous bracelet électronique et assigné à résidence en mars 2016.

A droite, il devance toujours largement Nicolas Sarkozy, probable candidat à la primaire de novembre, qui gagne un point à 20%.

"Non", il n'a pas songé à démissionner, comme le réclame à droite Laurent Wauquiez, bras droit de Nicolas Sarkozy chez les Républicains.

Interrogé sur ce que peut faire l'Etat en matière de "déradicalisation", le Premier ministre est revenu sur les "centres de rétentions et de citoyenneté" dont le premier devait initialement accueillir une trentaine de jeunes radicalisés avant l'été.

"Nous avons un triptyque à casser: la peur, la surenchère et le populisme, il faut y opposer la vérité, le sang-froid et le respect de l'Etat de droit", martèle-t-il. Il a appelé le Premier ministre à la faire fermer, " s'il est cohérent ". Et de poursuivre: "Mon gouvernement ne sera pas celui qui créera des Guantanamo à la française".

Le Premier ministre a ainsi reconnu "un échec" dans l'assignation à résidence sous bracelet électronique d'Adel Kermiche, l'un des deux auteurs de l'attentat.

C'est " un échec, il faut le reconnaître ", a concédé le premier ministre dans une entrevue accordée au journal Le Monde, après que cette information eut provoqué un tollé au sein de la droite et l'extrême droite. "Cela doit conduire les magistrats à avoir une approche différente, dossier par dossier, compte tenu des pratiques de dissimulation très poussées des djihadistes" explique le chef du gouvernement.

"Il faut que cessent les accusations graves et nauséabondes sur un prétendu mensonge d'Etat", a déclaré Manuel Valls, rappelant que, concernant l'attentat de Nice, "l'inspection générale de la police nationale a considéré que les mesures (de sécurité ndlr) n'étaient pas sous-dimensionnées pour un événement qui ne faisait l'objet d'aucune menace spécifique". "Pouvons-nous y consacrer des moyens exceptionnels en termes de forces de sécurité qui pourraient être utilisées à d'autres fins?" "Le risque zéro n'existe pas". "C'est bien un nouveau modèle que nous devons bâtir".

Manuel Valls se dit toutefois "favorable" à une interdiction temporaire du financement étranger des mosquées, et dit souhaiter "inventer une nouvelle relation" avec l'islam de France.

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