Quatre nouvelles personnes en garde à vue — Attentat de Nice

17 Juillet, 2016, 06:01 | Auteur: Lynn Cook
  • Un couple et son enfant face à des drapeaux en bernes à Nice le 16 juillet 2016

"Il devenait colérique, il criait, il cassait tout ce qu'il trouvait devant lui", a déclaré Mohamed Mondher Lahouaiej-Bouhlel devant son domicile dans la ville de Msaken, dans l'est de la Tunisie. Il a toutefois souligné que cette attaque meurtrière correspondait "très exactement aux appels permanents au meurtre des djihadistes ".

L'homme, un chauffeur-livreur, en instance de divorce, était "totalement inconnu des services de renseignement (...) et n'avait jamais fait l'objet de la moindre fiche ni du moindre signalement de radicalisation", avait déclaré vendredi le procureur de Paris, François Molins. Il était en revanche connu de la justice pour des "faits de menaces, violences, vols et dégradations commis entre 2010 et 2016".

Un habitant de son ancienne barre d'immeuble, où le tueur vivait avec son épouse avant d'en partir voici environ 18 mois, dresse plutôt le profil d'un déséquilibré: " Quand il s'est séparé de sa femme il a déféqué partout, trucidé le nounours de sa fille à coup de poignard et lacéré les matelas", a-t-il affirmé.

Les enquêteurs ont retrouvé à bord du camion deux pistolets automatiques et des armes factices. Son ex-femme a été placée en garde à vue.

L'homme a été abattu par la police après avoir semé la mort sur deux kilomètres de la célèbre Promenade des Anglais, haut lieu touristique en bord de mer de la capitale de la Côte d'Azur.

Sur la Promenade des Anglais, des passants sont encore venus samedi déposer des bouquets de fleurs et des messages, dans lesquels percent la peine et la colère. Le fait que 10 enfants et adolescents aient été tués dans le carnage ajoutait encore au choc. "Le bilan total pourrait encore s'alourdir avec " 202 blessés, dont 52 en état d'urgence absolue " qui sont " entre la vie et la mort", selon lui.

Quatre personnes ont été interpellées ce samedi, dans le cadre de l'enquête sur l'attaque de Nice qui a fait au moins 84 morts jeudi soir.

A Tunis, Berlin, Washington, Bamako ou encore Le Caire et Rome, la condamnation de cet attentat a été unanime et l'émotion partagée.

L'attentat de Nice constitue la troisième attaque de masse ayant visé la France, après les attentats de janvier 2015 contre le journal Charlie-Hebdo, des policiers et des juifs (17 morts) et les tueries de novembre 2015 (130 morts à Paris).

Pendant la réunion de crise samedi, le président français François Hollande a lancé un appel à la "cohésion" et à "l'unité" en France et dénoncé les "tentations de diviser un pays", selon le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll. Au sommet de l'Etat, le président socialiste François Hollande réunissait samedi matin un deuxième conseil de Défense à l'Elysée avant de rassembler l'ensemble de son gouvernement. Le Premier ministre Manuel Valls a cherché dès vendredi soir à désamorcer toute critique en niant toute faille des forces de sécurité.

Le Chef de l'Etat a annoncé une prolongation pour trois mois supplémentaires de l'état d'urgence qui devait s'achever le 26 juillet.

Il a également annoncé le recours à plusieurs milliers de citoyens réservistes pour seconder les policiers et les gendarmes très fortement mobilisés depuis 2015.

Le tueur "est un soldat de l'État islamique" qui a agi "en réponse aux appels lancés pour prendre pour cible les ressortissants des pays de la coalition qui combat l'EI", a affirmé samedi l'agence Amaq.

Recommande: