Le terroriste de Nice parlait de Daech ces derniers jours

17 Juillet, 2016, 05:07 | Auteur: Lynn Cook
  • Barack Obama le 12 juillet 2016 à Dallas

Encore sous le choc de cette tuerie de masse perpétrée à l'aide d'un camion - une première en France -, des rescapés ou des proches des victimes cherchaient samedi des informations ou du soutien psychologique dans plusieurs hôpitaux de cette ville du sud-est.

"Il semble" que Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, le chauffeur-livreur tunisien de 31 ans qui a foncé au volant d'un poids lourd sur la foule qui assistait au feu d'artifice de la fête nationale sur la Promenade des Anglais, se soit "radicalisé très rapidement", a dit Bernard Cazeneuve.

Lahouaiej-Bouhlel a été abattu par la police au terme d'une course meurtrière de deux kilomètres sur la Promenade des Anglais - piétonisée pour permettre à 30.000 personnes d'assister au feu d'artifice -, après avoir forcé le barrage des forces de l'ordre. Seize corps étaient n'étaient toujours pas identifiés.

Il s'agit d'"un attentat d'un type nouveau" commis par "des individus sensibles au message de Daech [qui] s'engagent dans des actions extrêmement violentes sans nécessairement avoir participé aux combats, sans nécessairement avoir été entraînés", a souligné le ministre.

Hocine Drouiche, vice-président de la Conférence des imams de France, a appelé samedi les imams de France "à se mobiliser afin de rassurer la société française et isoler toutes les idées du terrorisme et de la haine".

Les auditions de quatre hommes de l'entourage du tueur et de son ex épouse "sembleraient aller dans le sens d'un basculement récent vers l'islam radical", mais l'EI "n'est pas à ce stade mentionné", a précisé une source policière.

Nice vient de connaître le pire massacre de son histoire. Liée au groupe jihadiste, celle-ci avait déjà revendiqué les attentats parisiens du 13 novembre 2015, les plus meurtriers jamais commis en France, avec 130 morts. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve est également présent à l'Elysée.

François Hollande préside ce matin dès 9 heures un conseil restreint de sécurité et de défense. Le ministre de l'Intérieur a balayé ces critiques, répétant que la police était "présente, très présente" jeudi soir. Le camion a forcé le passage en montant sur le trottoir, a-t-il rappelé.

Dix enfants et adolescents figurent parmi les morts, ainsi que plusieurs étrangers, dont trois Allemands, quatre Tunisiens et deux Américains.

Frappée par une tuerie de masse pour la troisième fois en 18 mois, avec un bilan global de 231 morts, la France a entamé un deuil national de trois jours, qui culminera lundi avec une minute de silence à 12H00.

Le président français a annoncé la prolongation pour trois mois supplémentaires de l'état d'urgence. Parmi les bougies et les condoléances, on peut lire: "Assez de discours!", "Marre des carnages dans nos rues!" Ce régime d'exception, décrété en novembre, facilite notamment les perquisitions et l'assignation à résidence de suspects.

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