Le temps du deuil national et des interrogations — Attentat de Nice

17 Juillet, 2016, 05:04 | Auteur: Aubrey Nash
  • Un couple et son enfant face à des drapeaux en bernes à Nice le 16 juillet 2016

Huit mois après les attentats jihadistes de Paris (130 morts), le pays a de nouveau entamé un deuil national, de trois jours. Samedi midi, sonnera le glas des cathédrales, notamment à Notre-Dame-de-Paris.

Au moins 84 morts, dont 10 enfants et adolescents: au soir du 14 Juillet, la France a été frappée par un nouvel attentat, à Nice où un camion conduit par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, un Tunisien inconnu des services de renseignement, a fauché la foule massée sur la Promenade des Anglais. "Il a exécuté l'opération en réponse aux appels lancés pour prendre pour cible les ressortissants des pays de la coalition qui combat l'EI", a rapporté l'agence Amaq, liée au groupe EI.

Pour le procureur de Paris, François Molins, patron des magistrats antiterroristes français, cette attaque meurtrière, non revendiquée, correspond "très exactement aux appels permanents au meurtre des jihadistes". Au premier rang desquels l'EI qui appelle dans sa propagande à commettre des attaques avec les moyens du bord, comme, par exemple, des voitures. Maître Corentin Delobel est l'ancien avocat de Mohamed Lahouaiej Bouhlel. Son ex-épouse a été placée en garde à vue en fin de journée vendredi, après s'être présentée spontanément au commissariat.

Aux enquêteurs dorénavant de se pencher sur le profil et les relations de ce père de famille séparé -un chauffeur-livreur de 31 ans, décrit par ses voisins comme discret- afin de déterminer ses motivations. Selon Le Parisien, "aucun élément récupéré chez lui ne permet, pour l'heure, d'affirmer que cet homme était lié à l'islamisme radical".

Mohamed Lahouaiej Bouhlel était connu en revanche pour des "violences, menaces, vols et dégradations", a-t-il ajouté. "Il devenait colérique, il criait, il cassait tout ce qu'il trouvait devant lui", a déclaré Mohamed Mondher Lahouaiej-Bouhlel devant son domicile dans la ville de Msaken, dans l'est de la Tunisie.

Peu avant 23H00, un camion frigorifique blanc de 19 tonnes a foncé sur la célèbre avenue, fermée à la circulation, où 30.000 personnes étaient venues voir le feu d'artifice. Des passants, parfois en larmes, affluaient vendredi pour y déposer fleurs et petits mots.

Des étrangers figurent parmi les morts: deux Américains, une Suissesse, un Russe, une Arménienne et un Ukrainien.

Le bilan pourrait encore s'alourdir, car 121 des quelque 300 blessés restaient hospitalisés samedi, dont 26 en réanimation, selon le ministère de la Santé.

Un Conseil des ministres se tiendra mardi pour examiner une nouvelle prolongation de l'état d'urgence de trois mois, annoncée par François Hollande dans la nuit de jeudi à vendredi.

Pour autant, le débat politique fait rage sur la riposte politique adéquate.

Le 27 janvier 2016, il avait été déféré et le juge des libertés et de la détention avait prononcé un contrôle judiciaire prévoyant plusieurs obligations: s'abstenir d'entrer en contact avec la victime, se présenter une fois par semaine au commissariat de Nice et fournir avant le 23 mars 2016 un cautionnement de 1.000 euros.

De son côté, la présidente du Front national Marine Le Pen a jugé "urgent" de "déclarer" la "guerre contre le fléau du fondamentalisme religieux". Le chef de l'Etat a réuni vendredi matin un conseil restreint de sécurité et de défense et a déjà annoncé un " renforcement " de l'action de la France en Irak et en Syrie.

Recommande: