La tentative de putsch militaire échouée en Turquie, Erdogan passe à l'offensive

17 Juillet, 2016, 05:07 | Auteur: Lynn Cook
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Le premier ministre turc Binali Yildirim a annoncé samedi l'échec de la tentative de putsch de militaires rebelles, qui a fait au moins 265 morts.

J'ai souffert de plusieurs coups d'Etat militaires au cours des 50 dernières années et trouve donc particulièrement insultant d'être accusé d'avoir un quelconque lien avec cette tentative.

Plus de 2700 magistrats ont aussi été révoqués dès samedi.

"Les Etats-Unis, vous devez extrader cette personne", a lancé le chef de l'Etat devant une foule de milliers de partisans, en référence à son ennemi juré Fethullah Gülen, installé en Pennsylvanie et qui a nié toute implication dans la tentative de coup d'Etat. Ceux-ci ont en conséquence suspendu leurs opérations aériennes contre le groupe Etat islamique. La police a appréhendé en outre l'un des membres de la Cour constitutionnelle, Alparslan Altan.

Recep Tayyip Erdogan a mis en cause l'opposant Fethullah Gülen, qu'il accuse de longue date de noyauter les instances judiciaires et militaires pour le renverser.

Des dizaines de milliers de personnes ont bravé les rebelles, grimpant sur les blindés ou se rendant à l'aéroport d'Istanbul pour y accueillir M. Erdogan, rentré précipitamment de vacances dans la mégalopole dont il fut maire et qui reste son fief.

M. Kerry a précisé que Washington n'avait "pas reçu de demande d'extradition en ce concerne M. Gülen", mais s'attend à "ce que des questions soient posées au sujet de ce dernier". Il a invité le gouvernement turc à livrer des "preuves valides et solides" contre M. Gülen et assuré que "les Etats-Unis les recevront, les examineront et porteront des jugements appropriés".

Peu avant minuit (23h00 en Suisse), un communiqué des "forces armées turques" avait annoncé la proclamation de la loi martiale et d'un couvre-feu dans tout le pays, après des déploiements de troupes notamment à Istanbul et dans la capitale Ankara.

Les putschistes ont justifié leur "prise de pouvoir totale" par la nécessité d'"assurer et restaurer l'ordre constitutionnel, la démocratie, les droits de l'Homme et les libertés et laisser la loi suprême du pays prévaloir".

Les combats, avions de chasse et chars à l'appui, ont donné lieu à des scènes inédites à Ankara et Istanbul depuis des décennies. A Ankara, des soutiens du président Erdogan se sont retrouvés devant le Parlement, mais en nombre inférieur. L'armée de ce pays clé de l'Otan, qui compte 80 millions d'habitants, a déjà été l'auteur de trois coups d'Etat (1960, 1971, 1980) et forcé un gouvernement d'inspiration islamiste à quitter le pouvoir en 1997.

Comme il l'avait fait dès vendredi, le président Obama qui a tenu samedi une réunion de son conseil de sécurité nationale a aussi réitéré "le soutien inconditionnel des Etats-Unis au gouvernement civil démocratiquement élu de Turquie".

Les condamnations internationales se sont multipliées.

La justice n'a pas été épargnée puisque le pouvoir a ordonné l'arrestation de 2.745 juges et procureurs pour leur rôle présumé dans la tentative de putsch, selon la chaîne turque NTV. Les putschistes de l'armée turque ont réussit à investir Ankara et l'aéroport d'Istanbul-Atatürk en début de leurs actions.

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