France 2 diffuse des images "choquantes", puis s'excuse — Attentat à Nice

17 Juillet, 2016, 04:56 | Auteur: Lynn Cook

"Au cours de la nuit du 14 au 15 juillet, l'édition spéciale de France 2 consacrée aux évènements dramatiques de Nice a diffusé un sujet montrant des témoignages et des images choquants", a indiqué le groupe sur son site France TV Info. Lors de cette émission préparée dans l'urgence, certaines images insoutenables ont été montrées aux téléspectateurs, comme celles du camion fonçant sur la foule et l'interview d'un rescapé à côté du cadavre d'un proche à peine recouvert par un drap. Ces images brutales, qui n'ont pas été vérifiées selon les usages, ont suscité de vives réactions.

Face au tollé provoqué, Olivier Siou, rédacteur en chef adjoint à France 2, a multiplié les messages sur Twitter pour tenter d'expliquer ses choix éditoriaux. "Une erreur de jugement a été commise en raison de ces circonstances particulières ",indique le communiqué. France 2 n'a pas tenu compte de cette demande. La diffusion de ce type d'images ne correspond pas à la conception de l'information des journalistes des équipes et de l'entreprise. "France Télévisions tient à présenter ses excuses".

Plusieurs médias français ont diffusé dans la nuit des images amateur de victimes sur la Promenade des Anglais de Nice (sud-est), s'attirant les critiques de téléspectateurs et un rappel à l'ordre de l'instance de contrôle des médias, le CSA.

Sur les antennes des chaînes privées LCI et iTélé, la rumeur d'une prise d'otages dans un restaurant niçois a été reprise avant d'être démentie par le ministère de l'Intérieur.

Vendredi matin, plusieurs médias avaient aussi choisi de protéger le public, à l'image de France Info qui a conseillé d'éloigner les enfants du poste avant la diffusion d'un témoignage glaçant.

La police nationale recommandait sur son compte Twitter de ne pas "contribuer à la diffusion de photos ou de vidéos des scènes de crime".

Plusieurs chaînes continuaient de diffuser vendredi des images du camion meurtrier roulant sur la Promenade, poursuivi par un motard. Certains d'entre eux avaient notamment pris le risque de mettre en danger la vie de certains otages en signalant leur présence à l'antenne. La nécessité de meilleures pratiques et d'une éthique plus scrupuleuse avait été soulignée lors de la couverture des attentats au Bataclan le 13 novembre 2015.

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