Face à Macron, Hollande acculé à la riposte

14 Juillet, 2016, 01:01 | Auteur: Sandy Vega

Autant dire que Manuel Valls a dû s'arracher les cheveux en observant, mardi 14 juillet au soir à la Mutualité à Paris, son ministre parader sur une estrade lors d'un meeting à l'américaine. Pour l'historien, "Emmanuel Macron a affirmé sa différence, ou en tout cas sa présence dans le champ politique". On ne peut exclure l'idée que M. Hollande semble quelque peu fasciné par l'audace de M. Macron et que, conformément à sa manière de réfléchir, il se demande si c'est du lard ou du cochon, si le jeune homme est récupérable ou s'il est lancé dans une course irrésistible au terme de laquelle il assurerait sa propre victoire ou, au contraire, contribuerait à celle du chef de l'État, trop impopulaire pour refuser du sang neuf.

Selon lui, Emmanuel Macron se rapprocherait d'une chanson d'Alain Souchon. S'il veut pouvoir continuer de se draper de quelques lambeaux d'autorité, François Hollande va devoir trouver contre Emmanuel Macron une parade (voire une offensive!) au moins aussi politiquement virile?que le " je décide, il exécute " dégainé par Jacques Chirac en direction de Nicolas Sarkozy le 14 juillet 2004. [.] Imaginez où nous serons dans trois mois, dans six mois, dans un an!

Emmanuel Macron a beaucoup travaillé la forme de son meeting.

Et de s'interroger: "Est-ce que cela suffira au bout du compte à convaincre les Français une fois que l'effet de surprise et de mode sera passé?" Reste que le ministre était bien plus à l'aise que lors de ses précédentes prestations.

"En marche!" ou en campagne, jusqu'où ira Macron l'iconoclaste? Mercredi, devant les députés socialistes, Manuel Valls a tiré à boulet rouge sur son rival, qui affirmait mardi soir qu'il "inquiète le système".

Le spectacle de ces divisions au sommet, à la veille de l'intervention traditionnelle du chef de l'Etat qui sera interviewé sur TF1 et France 2 pour la fête nationale, un temps réservé au président de la République, donne cependant une mauvaise image de la politique, amplifiant le sentiment de cacophonie à la tête de l'Etat. "On en refera d'autres", avertit le ministre de l'Economie, lequel s'est aussi assuré de prendre le contre-pied du Premier ministre en se disant par exemple défavorable à l'interdiction du voile à l'université, l'une des marottes de Valls.

Parmi les rares soutiens du ministre à s'exprimer mercredi matin dans les médias, le sénateur socialiste François Patriat a estimé qu'il " redonn du souffle à la politique ". Mesuré dans ses propos, l'ancien secrétaire général de l'Elysée a toutefois prononcé quelques phrases qui transgressent les limites de la confiance accordée et la bonne intelligence mutuelle instaurée entre lui et le président.

Il a par ailleurs brièvement "remercié" François Hollande de lui avoir confié le ministère de l'Economie, en août 2014, tout en présentant son principal chantier du moment, la réforme du Code du travail, comme un combat d'arrière-garde.

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