Emmanuel Macron cède "aux sirènes du populisme", selon Manuel Valls

14 Juillet, 2016, 00:14 | Auteur: Sandy Vega
  • Emmanuel Macron dans la cour de l'Elysée le 8 juin

S'il ne nomme pas son ministre directement, le Premier ministre a multiplié les attaques contre Emmanuel Macron, dans son discours. Après avoir implicitement dit mardi que le ministre de l'Economie n'avait plus sa place au gouvernement, le Premier ministre l'a accusé ce mercredi de "céder aux sirènes du populisme" et d'être le "produit" d'un "système" que ce dernier entend dénoncer. Excédé par une question qui lui a été posée peu de temps avant le spectacle de la Mutualité, M. Valls a déclaré: "Il est temps que tout cela s'arrête". Avec Manuel Valls, en revanche, c'est l'affrontement éternel entre César et Brutus.

Devant ses partisans, le ministre de l'Economie a assuré qu'il ne "remercierait jamais assez" le chef de l'Etat de lui avoir "fait confiance", mais ne s'est pas privé de l'égratigner sur sa conduite d'un pays "usé des promesses non tenues". Si les sondages font d'Emmanuel Macron la personnalité préférée des Français pour représenter la gauche en 2017, son étoile a semblé pâlir récemment, avec une cote de popularité en dents de scie. M. Macron est celui qui l'incarne le mieux.

Cette démarche personnelle irrite de plus en plus au sommet de l'exécutif mais l'ex-secrétaire général adjoint de l'Elysée, introduit en politique par François Hollande, a dit sa détermination à poursuivre sur sa lancée afin de proposer d'ici la fin de l'année un "plan de transformation".

Si M. Macron bénéficie du soutien de quelques élus ou anciens ministres socialistes, sa sortie du bois irrite nombre de ses collègues.

Lors de son discours, long d'1h20, il a en outre dénoncé les rigidités du "système" politique, d'après lui sources de "frustrations", et s'est déclaré prêt à "prendre des risques" personnels.

"Mais il a poussé la provocation à ce qui ressemble à un point de rupture". Un premier épisode de tension s'est produit au moment de l'adoption de la fameuse "loi Macron".

Et il a affiché son ouverture sur les questions de société (identité nationale, laïcité), se démarquant de Manuel Valls qui souhaite interdire le port du voile à l'université.

Malgré des dénégations régulières, leurs relations n'ont cessé de se dégrader.

"Nous sommes là tous ensemble pour revendiquer un droit: le droit de voter pour un projet, pour une vision, pour des choix", a rétorqué Manuel Macron.

Pour qui Macron roule-t-il?

A deux jours de l'allocution de François Hollande du 14 juillet, Emmanuel Macron a mis clairement le cap mardi soir sur la présidentielle de 2017, tout en épargnant le président et en lançant quelques piques à Manuel Valls. Hier soir, je crois que c'était un show de communication plutôt bien fait, avec les prompteurs à la Obama...

Entre temps, plusieurs épisodes ont eu lieu, comme lorsqu'Emmanuel Macron dit dans une interview à la presse régionale qu'il n'est pas "l'obligé" du président.

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