La Minuss, prise entre deux feux, compte ses morts — Soudan du Sud

12 Juillet, 2016, 05:09 | Auteur: Sue Barrett

Toujours encline à protéger les populations civiles et à dénoncer les abus des Casques bleus, l'organisation Human rights watch (HRW) vient pourtant de demander à l'ONU de montrer davantage ses muscles au Sud Soudan. "Un tel dispositif n'était pas fait pour stabiliser la situation au Soudan du Sud".

Les combats auraient fait plus de 200 morts, entre vendredi et lundi. La présence d'hélicoptères de combat et de chars a également été signalée. Sur des photos prises par un témoin et envoyées à l'AFP, au moins un de ces hélicoptères est entré en action, tirant une roquette.

" Si un accès sûr à l'aéroport n'est pas possible, nous conseillons à tous les ressortissants britanniques à Juba de rester à l'intérieur d'un lieu sûr et de prendre les précautions appropriées le temps que la situation se stabilise ou qu'il soit sûr de quitter les lieux".

Un porte-parole de M. Machar a rejeté la responsabilité de ces nouveaux combats sur les soldats gouvernementaux.

La tension reste vive à Juba, capitale du Soudan du Sud, après des combats qui ont fait plus de 150 morts entre des soldats fidèles au président Salva Kiir et des gardes du corps du vice-président Riek Machar.

Les troupes loyales au président Salva Kiir combattent les ex-rebelles du vice-président Rieck Machar, cantonnés dans la capitale en vertu d'un accord de paix signé en août 2015. Malgré l'accord de paix, les hostilités se poursuivent dans plusieurs régions.

Répondant à une question d'un journaliste de Eye Radio Juba lui demandant s'il contrôlait ses troupes, M. Machar a répliqué: "je suis avec mes troupes, comment puis-je les perdre de vue?". Parmi eux, le correspondant de l'AFP a décrit une "situation terrifiante". Certains se sont réfugiés dans un camp de l'ONU, à proximité duquel les combats ont éclaté.

D'après plusieurs médias locaux citant le ministère de la Santé, 270 personnes, combattants et civils, ont péri dans les seuls affrontements de vendredi.

Les violences se sont intensifiées lundi.

L'ancien chef de la formation générale de l'Armée de libération du peuple soudanais et ancien général de l'opposition Dau Athorjang (à gauche) pendant une conférence de presse à Juba, le 10 juillet 2016.

Les 15 membres du conseil de sécurité de l'ONU, dans leur déclaration unanime, ont demandé aux "pays de la région" et à l'Union africaine de "discuter fermement avec les dirigeants sud-soudanais pour traiter cette crise".

Le Conseil de sécurité a, dans un communiqué publié à l'issue d'une session d'urgence, "condamné dans les termes les plus forts l'escalade des combats à Juba, au Soudan du Sud", et a fait part de sa sympathie et de ses condoléances aux familles des casques bleus chinois et rwandais qui ont été tués ou blessés dans ces attaques.

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