Espagne. Mariano Rajoy va devoir négocier

11 Juillet, 2016, 01:04 | Auteur: Sandy Vega
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Le chef du gouvernement conservateur sortant Mariano Rajoy va tenter de gouverner l'Espagne après la victoire de son camp aux législatives mais ses adversaires socialistes n'étaient pas prêts lundi à lui faciliter la tâche.

La décision "viendra en son temps mais notre vocation est d'évincer Rajoy", a déclaré Cesar Luena, numéro deux du parti, ajoutant: "nous n'appuierons Rajoy ni par action ni par omission".

Il est loin de la majorité absolue de 176 sur 350, comme lors des élections de décembre où la fragmentation des voix entre quatre partis avait conduit à un blocage politique et à la convocation de ce second scrutin en six mois.

Mariano Rajoy, accusé par ses détracteurs d'avoir laissé prospérer la corruption comme président du PP depuis 2004 et du gouvernement à partir de 2011, semble redevenu incontournable.

Une alliance entre le PP et Ciudadanos donnerait aux deux partis 169 sièges au Congrès des députés et les laisseraient à 7 députés seulement de la majorité absolue nécessaire pour investir un chef de gouvernement. Appelés aux urnes pour la deuxième fois en six mois, ils ont maintenu leur confiance à Mariano Rajoy, alors que ce dernier a eu le plus grand mal à trouver des alliés pour gouverner depuis le début de l'année.

Après son triomphe aux élections législatives de dimanche, le Parti Populaire (PP-droite) n'a pas tardé à dévoiler ses intentions en invitant le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) à s'associer à lui pour former le prochain gouvernement, une invitation qui a fait resurgir déjà des signes de division au sein de la formation socialiste.

"Je pense que nous avons besoin du PSOE dans les questions fondamentales", a affirmé Rajoy lors d'un entretien à la radio privée Cadena Cope, n'écartant pas la possibilité aussi de parvenir à un accord de gouvernement avec les centristes de Ciudadanos.

Le quotidien de centre gauche El Pais, le plus lu du pays, considérait lundi le Parti socialiste devait "écouter le mandat des électeurs, qui souhaitent qu'il reste dans l'opposition". "Les sondages avaient anticipé une forte avancée de Podemos, devant le Parti socialiste, mais ils n'avaient pas du tout avancé la progression du parti populaire, qui se retrouve dans une position beaucoup plus confortable, pour construire une majorité autour de lui".

"C'est une victoire personnelle pour Mariano Rajoy", juge Anton Losada, politologue de gauche.

La coalition de gauche Unidos Podemos - formée par le parti anti-austérité Podemos et Izquierda Unida - apparaît finalement comme la grande perdante.

Leur dirigeant, Albert Rivera, est cependant resté ambigü: "nous n'allons pas appuyer un gouvernement de M. Rajoy", a-t-il dit, comme s'il réclamait encore que le PP lui trouve un remplaçant pour diriger le pays. Les tractations s'annoncent âpres et difficiles.

Le chef de Podemos Pablo Iglesias dit vouloir gouverner avec le PSOE pour mettre fin à l'austérité et relancer les dépenses publiques, contre la ligne fixée par la Commission européenne.

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