Merkel désavouée par les élections au sein du SPD

06 Décembre, 2019, 23:09 | Auteur: Lynn Cook
  • Les nouveaux responsables du parti social-démocrate allemand, Norbert Walter Borjans et Saskia Esken le 30 novembre 2019 à Berlin

Les deux nouveaux présidents, pour la première fois un tandem paritaire, seront officiellement investis lors d'un congrès organisé du 6 au 8 décembre à Berlin. L'avenir de la coalition au pouvoir depuis mars 2018 a été fragilisé ce week-end par l'arrivée à la tête du SPD du ticket formé par Norbert Walter-Borjans et sa colistière Saskia Esken, hostiles à la "grande coalition".

Quelque 54 % des 426.630 militants du parti, créé sous ce nom en 1890, ont participé à ce second tour.

"L'Allemagne va être confrontée à de nouvelles élections ou à un gouvernement minoritaire", a ainsi prédit le parti libéral FDP, convaincu que touche à sa fin la grande coalition entre conservateurs et sociaux-démocrates, formée dans la douleur il y a un an et demi. Les vainqueurs ont promis de leur "tendre la main" pour maintenir la "cohésion" du parti, distancé dans les sondages par la droite et les écologistes, et au coude à coude avec l'extrême droite.

Seuls 53% des militants ont ainsi voté au premier tour en octobre. La conséquence directe pourrait être l'éclatement de la "grande coalition" et donc un possible départ précipité de la chancelière allemande avant la fin de son quatrième mandat, prévu à l'automne 2021.

Dépourvu de charisme, surnommé "Scholz l'automate" pour sa propension à aligner des éléments de langage, M. Scholz a l'entière confiance de Mme Merkel.

Seul poids lourd en lice dans cette élection, Olaf Scholz vit, selon les termes du Süddeutsche Zeitung, "la semaine décisive de sa carrière" avec le risque de voir sa position au gouvernement fragilisée en cas de défaite.

Si l'autre tandem l'emporte, la partie s'annoncera beaucoup plus compliquée pour Mme Merkel, au pouvoir depuis 14 ans. Olaf Scholz, ministre des Finances et vice-chancelier du gouvernement allemand, a été battu, ce samedi, à l'élection à la présidence du SPD (parti social-démocrate).

Soutenu notamment par la branche allemande de Fridays for future, le mouvement pro-climat initié par la Suédoise Greta Thunberg, le duo demande notamment des investissements supplémentaires à hauteur d'un milliard d'euros en faveur du climat et des infrastructures.

Mais si Olaf Scholz, ancien proche de Gerhard Schröder avant de diriger la ville de Hambourg, n'incarne "pas le renouveau", selon les Jeunes socialistes, ses rivaux souffrent d'un déficit de notoriété.

Quel que soit le vainqueur, les difficultés ne disparaîtraient pas pour autant pour ce parti, en perte de vitesse. Merkel pourrait alors former un gouvernement minoritaire et de nouvelles élections avant le terme de la législature seraient également envisageables.

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