" "Des " preuves accablantes " attestent la culpabilité du président américain — Destitution de Trump

04 Décembre, 2019, 21:19 | Auteur: Sue Barrett
  • Le président américain Donald Trump sur la base militaire de Bagram en Afghanistan le 28 novembre 2019

Cette dernière entamera dès mercredi le débat juridique pour déterminer si les faits reprochés au président justifient sa mise en accusation ("impeachment"). "Le président a placé ses intérêts personnels et politiques au-dessus des intérêts nationaux, a cherché à miner l'intégrité du processus électoral américain et mis en danger la sécurité nationale", ajoutent les auteurs de ce rapport de 300 pages, qui doit servir de base à la rédaction des chefs d'accusation contre le président.

Les Démocrates de la Chambre ont ouvert une enquête de mise en accusation pour tenter de déterminer si M. Trump a ou non abusé de ses pouvoirs en faisant pression sur l'Ukraine pour qu'elle ouvre des enquêtes politiquement avantageuses pour lui.

"Si nous n'agissons pas maintenant", "il "essaiera à coup sûr de solliciter à nouveau une ingérence étrangère" dans les élections, a ajouté le président de la commission judiciaire de la Chambre des représentants, chargée de rédiger les éventuels articles de mise en accusation (impeachment) du président".

Selon ce rapport, il existe des "preuves accablantes" de comportements "inappropriés" dans deux domaines: "le président a conditionné une invitation à la Maison Blanche et une aide militaire à l'Ukraine à l'annonce d'enquêtes favorables à sa campagne" et il a "entravé" les investigations parlementaires.

L'ancien stratège Steve Bannon, pourtant en disgrâce auprès de la Maison-Blanche, vient d'inaugurer un podcast quotidien destiné à défendre Donald Trump.

Le groupe America first action, qui récolte des fonds pour la campagne de Trump, lance cette semaine une nouvelle campagne, avec des spots visant personnellement 27 représentants démocrates pour inciter leurs électeurs à se détourner d'eux.

Trois des experts entendus - Noah Feldman, Pamela Karlan et Michael Gerhardt - ont été convoqués par les démocrates, tandis qu'un autre, Jonathan Turley, a été invité par les républicains.

Donald Trump est dans la tourmente parce qu'il a demandé à l'Ukraine d'enquêter sur Joe Biden, un de ses adversaires potentiels à la présidentielle de 2020, dont le fils a longtemps siégé au conseil d'administration d'un groupe gazier de ce pays.

"On ne peut légitimement attendre que nous y participions, alors que les noms des témoins n'ont pas été rendus publics et qu'il reste douteux que la commission judiciaire offre une procédure équitable", a déclaré l'avocat de la Maison Blanche, Pat Cipollone. Quatre juristes détailleront lors d'une audition publique les motifs de destitution cités dans la Constitution des États-Unis: des actes de "trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs". Mais ils se réservent la possibilité d'intervenir ultérieurement.

Une fois rédigés, les articles d'accusation doivent être soumis à un vote à la Chambre des représentants.

Le cas échéant, Donald Trump deviendrait le troisième président à être mis en accusation de la sorte, après Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998.

Les auditions dans l'enquête lancée par les démocrates contre Donald Trump en vue d'obtenir son impeachment reprennent mercredi au Congrès. Il reviendra ensuite au Sénat, pour sa part dominé par les républicains, d'organiser un procès à l'issue duquel une majorité des deux tiers des présents sera nécessaire pour déclarer Donald Trump coupable et le destituer. Il faudrait donc un désistement d'au moins 20 républicains pour inquiéter le milliardaire, alors que ce camp fait pour l'heure plutôt bloc autour de lui.

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