Les manifestants pro-élection se mobilisent aussi — Algérie

01 Décembre, 2019, 18:38 | Auteur: Lynn Cook
  • Le Parlement européen appelle à la libération «immédiate» de tous les détenus d'opinion en Algérie

" Isqat el intikhabat wajeb watani (faire tomber la présidentielle est un devoir national) ", lancent les foules imposantes de manifestants qui ont battu le pavé, pour l'acte 41, dans les rues de plusieurs villes du pays.

La contestation estime que la présidentielle vise à permettre au "système" au pouvoir depuis l'indépendance en 1962, dont elle veut se débarrasser, de se régénérer.

Dans la foulée, les manifestants ont exprimé leur soutien à la tenue de l'élection présidentielle du 12 décembre rejetée par le mouvement de contestation qui secoue l'Algérie depuis le 22 février. L'Expression qui a titré sur "la condamnation nationale et internationale de la résolution du Parlement européen", a fait observer dans son commentaire "qu'il ne faut pas confondre entre Union européenne et le Parlement européen", précisant à cet effet que "le Parlement ne dispose pas de initiative législative dont la Commission européenne a le monopole".

Le Parlement européen condamne ainsi, et de manière vive, "les atteintes aux droits de l'Homme, l'arrestation arbitraire et illégale, la détention, les intimidations et les attaques de journalistes, de syndicalistes, d'avocats, d'étudiants, de défenseurs des droits de l'Homme et de la société civile ainsi que de tous les manifestants qui participent aux manifestations pacifiques du Hirak".

L'Algérie condamne et rejette, "dans le fond et dans la forme", l'immixtion "flagrante" du parlement européen dans ses affaires internes et se réserve le droit de procéder à un examen général de ses relations avec l'ensemble des institutions européennes, a indiqué, jeudi, un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Malgré la répression accrue à l'approche du scrutin présidentiel, la contestation ne faiblit pas. "C'est aux Algériens et à eux seulement de décider du présent et du futur de leur pays", a-t-elle déclaré.

Aucun sondage public n'est disponible en Algérie pour évaluer la possible participation au scrutin, mais l'abstention, déjà forte lors des récentes élections, est souvent vue comme l'unique voie de contestation d'un régime figé. Dans les rangs de la manifestation, ils sont peu nombreux à envisager de se rendre aux urnes.

Dans la capitale qui a connu, comme c'est le cas depuis plusieurs semaines, plusieurs marches démarrant de différents quartiers pour aboutir à Alger-Centre, les manifestants ont subi une intervention policière musclée. "Si le nouveau président ne tient pas ses engagements, alors on ressortira dans la rue", affirme Djawida, une infirmière de 50 ans.

Pour Tassadit Ourabeh, la retraitée en colère, c'est inconcevable: "Personnellement, j'aurais peut-être voté s'il y avait un candidat qui ne faisait pas partie du système".

Le président par intérim Abdelkader Bensalah et le Premier ministre Nourredine Bedoui, mais aussi le chef d'état-major de l'armée, qui exerce de facto le pouvoir depuis la démission de M. Bouteflika, sont tous d'anciens hauts placés de l'appareil mis en place par le président déchu.

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