L'Agence spatiale européenne vote un budget record de 14,4 milliards d'euros

01 Décembre, 2019, 22:49 | Auteur: Lynn Cook
  • La réponse européenne à la Falcon 9 d’Elon Musk s'appelle la future Ariane 6 dont le lancement est prévu en 2020

L'ESA demande à ses 22 pays membres, dont les ministres en charge du spatial sont réunis depuis mercredi à Séville, une contribution globale de 14,3 milliards d'euros pour financer ses nouveaux programmes, sur une période de trois à cinq ans. De nouveaux satellites d'observation du programme Future Earth Observation devraient à l'avenir se pencher au chevet de l'Arctique et l'Afrique, deux points chauds des bouleversements climatiques. "Lors du dernier exercice, on avait eu moins de 10 milliards, le budget augmente donc de 40 %".

Mais au-delà, c'est surtout un enjeu majeur de la souveraineté des états, savent les États-Unis, la Russie et bien sûr l'Europe, géant mondial du secteur, voyant aussi monter en puissance la Chine, l'Inde ou le Japon. L'Allemagne est devenue le premier contributeur avec une participation de 3,29 milliards d'euros, devançant pour la première fois la France (2,66 milliards), l'Italie (2,28 milliards) et le Royaume-Uni (1,65 milliard).

Ce montant n'avait encore jamais été atteint depuis la création de l'organisation intergouvernementale en 1975.

L'accord trouvé entre les différents pays après deux jours de discussions "est un témoignage évident de notre ambition commune pour l'Europe", a commenté la ministre française de la Recherche, Frédérique Vidal, qui co-présidait la réunion.

"C'est un pas de géant pour l'Europe, cinquante ans après le débarquement sur la Lune", a réagi auprès de l'AFP Jean-Yves Le Gall, le président du CNES, l'agence spatiale française. La réponse européenne s'appelle la future Ariane 6, dont le lancement est prévu en 2020. "Mais sur les trois prochaines années, la France reste en tête", a rappelé Frédérique Vidal.

Autre volet soumis à discussion: les programmes d'exploration (près de 2 milliards d'euros sont sur la table) comme le financement de la station spatiale internationale (ISS), les activités liées à Mars et à la Lune, dans un contexte marqué par les annonces américaines de retour sur la Lune dès 2024.

Traditionnellement impliquée dans les lanceurs, la France a sécurisé ses projets "phares " de développement en plus du support à Ariane 6 : un étage supérieur amélioré, le moteur bas coût réutilisable Prometheus, les démonstrateurs Callisto et Themis et un investissement international dans le Centre Spatial guyanais ont tous été actés. L'Agence spatiale européenne fait mention de la mise en orbite de l'observatoire spatial d'ondes gravitationnelles LISA, l'étude des trous noirs avec la mission Athena.

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