Manifestations en Iran après une hausse des prix de l'essence, un mort

17 Novembre, 2019, 09:55 | Auteur: Lynn Cook
  • Manifestations en Iran après une hausse des prix de l'essence un mort

Des manifestations d'ampleur limitée ont eu lieu vendredi soir dans plusieurs villes d'Iran après l'annonce surprise par le gouvernement d'une hausse drastique des prix de l'essence en pleine crise économique, selon les médias iraniens. A Téhéran, certains conducteurs ont éteint leur moteur au milieu de la route, provoquant des embouteillages.

Vendredi soir, quelques heures après l'annonce de la hausse des prix, les Iraniens ont manifesté dans une dizaine de villes, Irna évoquant des rassemblements "d'ampleur limitée", sauf à Sirjan (centre) où ils ont été "importants". La police a tiré des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants.

"Une personne a été tuée à Sirjan mais (.) nous enquêtons pour savoir si elle a été tuée par les forces de sécurité qui essayaient de ramener le calme dans la ville", a dit un responsable local, Mohammad Mahmoudabadi, cité par Isna.

Dans le sud du pays, des "émeutiers" ont mis le feu vendredi à une banque à Ahvaz, et "des individus armés suspects" ont blessé plusieurs personnes en leur tirant dessus à Khoramshahr, selon le site internet de la télévision d'Etat. La faiblesse des prix du carburant entraîne par ailleurs une forte contrebande, estimée -selon Irna- à entre 10 et 20 millions de litres par jour, écoulés principalement au Pakistan voisin où les carburants se vendent plus chers.

Le procureur général Mohammad Jafar Montazéri a déclaré que la population ne s'associerait pas avec "les quelques éléments perturbateurs" dont les actions montrent qu'ils sont contre le système. Ces manifestations interviennent à trois des législatives. Fixé à 10 000 rials (environ 0,27 centimes d'euros), il s'établira désormais à 15 000 rials (environ 41 centimes d'euros) pour une quantité maximale de 60 litres par habitant.

L'Irak a fermé le terminal de Shalamcheh, à la frontière avec l'Iran, aux voyageurs en provenance des deux pays, rapporte samedi 16 novembre l'agence de presse Reuters, citant un diplomate iranien ainsi qu'une source sécuritaire irakienne.

Le président Hassan Rohani avait déjà tenté en décembre 2018 d'augmenter les prix de l'essence mais la mesure avait été bloquée au Parlement, alors que le pays était alors secoué par des manifestations inédites provoquées par la mise en place de mesures d'austérité. Encouragée par les prix bas, la consommation de carburant est élevée, avec 90 millions de litres consommés par jour pour 80 millions d'habitants. Les bénéfices de la hausse du prix de l'essence doivent être redistribués aux Iraniens qui font face à des difficultés économiques, soit près de 75% de la population, selon le président Hassan Rohani. Au-delà, le litre sera facturé 30 000 rials (environ 81 centimes d'euros).

Selon M. Nobakht, la réforme a été décidée par le Haut conseil de la coordination économique -composé du président, du président du Parlement et du chef de la Justice- qui a appelé samedi à "la coopération de tous les secteurs" pour qu'elle soit mise en place vite. La contrebande a aussi été dopée par la chute du rial sur le marché des changes, liée pour partie aux sanctions économiques rétablies à partir de 2018 par les Etats-Unis, après leur retrait de l'accord nucléaire de 2015.

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