La conférence de François Hollande à l’Université de Lille annulée

16 Novembre, 2019, 23:06 | Auteur: Sue Barrett
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La conférence de François Hollande consacrée à la crise de la démocratie, dans l'enceinte de la fac de droit de l'Université de Lille, a finalement été annulée. Certains ont déchiré des pages de son livre "Répondre à la crise démocratique" (Fayard/Terra Nova).

Comme le montrent plusieurs vidéos en ligne, ni la police, déployée place Déliot à Lille, ni la sécurité de la faculté n'a pu empêcher les étudiants en colère de pénétrer dans la salle. Les livres de l'ancien président ont été jetés à terre.

L'université Lyon 2, où étudiait le jeune homme qui s'est immolé par le feu, a été de nouveau fermée pour la journée mercredi après des blocages menés par des étudiants. Le professeur à l'origine de la conférence a réagi sur Twitter en qualifiant d'"inadmissible" cette action, qui serait l'œuvre selon lui d'"un petit collectif". Malgré tout, il reproche à ces individus leur absence de dialogue, "empêchant plus de 1.200 étudiants d'échanger avec lui sur la démocratie". "Intolérable entrave à la liberté d'expression et à la liberté de débattre!" Claire, étudiante en cinquième année de droit, dit s'être sentie en insécurité, elle a eu peur que la manifestation tourne à la violence: "On a vu la porte s'ouvrir, et des gens pousser, prêts à frapper pour entrer dans l'amphithéâtre". Au sujet de l'étudiant qui s'est immolé à Lyon, Frédérique Vidal "rappelle qu'en parallèle de l'enquête ouverte par le procureur de la République, elle a saisi l'Inspection Générale de l'Education, du Sport et de la Recherche pour que toute la lumière soit faite sur les circonstances du drame". Avant son geste, l'étudiant, qui est toujours entre la vie et la mort, avait laissé un message interpellant les pouvoirs publics sur la précarité. Ajoutant: "J'accuse Macron, Hollande, Sarkozy et l'UE de m'avoir tué, en créant des incertitudes sur l'avenir de tous-tes".

Les réactions des internautes ne se sont pas faites attendre: "Pour les hommes qui brûlent, c'est déjà fait: il s'appelle Anas, il a 22 ans, il a voulu mourir parce qu'il n'avait plus d'espoir"; "C'est honteux de balancer des choses comme ça."; "C'est vraiment le bon moment pour sortir cette citation".

Selon lui, viser les socialistes sur la précarité étudiante n'est pas pertinent: "Aujourd'hui qui réfléchit sur la pauvreté étudiante?"

Ils protestaient contre la précarité dans laquelle vivent une partie des étudiants.

"Un peu plus tôt, à 13 heures, les manifestants s'étaient rendus au 74, rue de Cambrai, devant le CROUS, auquel ils ont demandé de " prendre rapidement des mesures " en suggérant, notamment, de " réquisitionner les logements vacants ".

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