Banques et écoles sont fermées — Contestation

14 Novembre, 2019, 03:44 | Auteur: Lynn Cook
  • Liban un mort par balle sur une route bloquée par des manifestants

Des manifestants en colère ont bloqué des routes au Liban mercredi, au lendemain de déclarations du président semblant ignorer leurs revendications, et de la mort par balle d'un protestataire, alors qu'une grande partie du pays réclame inlassablement le départ de la classe dirigeante.

Le Liban vit depuis le 17 octobre 2019 au rythme d'un mouvement de contestation inédit réclamant le départ de l'ensemble de la classe politique, quasi-inchangée depuis des décennies et jugée corrompue et incapable de mettre fin au marasme économique.

Ce mardi soir, brûlant des bennes à ordures et des pneus, les manifestants ont bloqué plusieurs routes, notamment dans des villes du sud et à Tripoli, dans le nord.

Dans cette même localité, un homme au volant d'une voiture a tiré à la mitrailleuse sur des manifestants bloquant la route avant d'être maîtrisé par les contestataires, selon l'agence nationale d'information. Il s'agit de la deuxième personne tuée en marge du soulèvement.

"Dans un premier temps, l'armée avait rapporté un incident à Khaldé, au passage d'un véhicule militaire sur une route coupée par des manifestants, assurant qu'un soldat avait été " contraint d'ouvrir le feu pour disperser " les contestataires, " blessant une personne ". "Malgré ce qui s'est passé cette nuit, nous n'avons pas d'autre refuge si ce n'est l'État (.) si nous perdons espoir en l'État nous entrons dans le chaos", a-t-il dit, alors qu'il s'est rendu à l'hôpital où se trouvait la victime.

" Où est-ce que je peux aller les chercher?" Lequel a proposé un gouvernement formé de technocrates et d'hommes politiques, affirmant qu'il était possible que les consultations parlementaires pour désigner un nouveau Premier ministre commencent avant la fin de la semaine.

Hariri a démissionné de ses fonctions de Premier ministre le 29 octobre face à la vague de manifestations sans précédent contre les politiciens au pouvoir qui sont largement perçus comme ayant présidé à une corruption publique généralisée et entraîné le Liban dans une crise économique majeure. "Sur la lune? ", a lancé le président". Y-a-t-il une révolution sans leader? ", s'est emporté le chef de l'Etat". "S'ils pensent qu'il n'y pas de gens honnêtes au sein du pouvoir, qu'ils émigrent car ils n'arriveront pas au pouvoir".

" Nous allons de nouveau bloquer les routes pour augmenter la pression et faire tomber le président", a réagi un un manifestant à Beyrouth interrogé par l'AFP, Haytham al-Darazi, 36 ans.

Dans son discours, M. Aoun n'a pas nié que des pressions américaines étaient exercées pour exclure du gouvernement le mouvement armé Hezbollah, considéré par Washington comme un groupe "terroriste".

A Aley, dans le centre du pays, à Tyr dans le sud et à Baalbeck dans l'est, des manifestants ont tenu des sit-in à l'extérieur ou à l'intérieur des bureaux des opérateurs publics de télécommunications, ont rapporté des médias locaux.

Les employés des deux principaux opérateurs, Alfa et Touch, ont lancé une grève générale sans en préciser la durée.

Fermées durant une quinzaine de jours en octobre du fait des manifestations, les banques ont de nouveau baissé rideau mardi dans le cadre d'une grève de leurs employés qui se disent inquiets des risques sécuritaires liés aux clients demandant à récupérer leur argent et aux manifestants.

"Mais elles ne peuvent pas m'imposer de me débarrasser d'un parti qui représente au moins un tiers des Libanais".

Les Libanais sont aussi exaspérés par l'absence de services publics dignes de ce nom, avec notamment de graves pénuries d'eau et d'électricité et une gestion archaïque des déchets.

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