Le champion cycliste Raymond Poulidor s'est éteint à l'âge de 83 ans

13 Novembre, 2019, 14:37 | Auteur: Ruben Ruiz
  • Raymond Poulidor et Gisèle Bardet à la veille de leur mariage en avril 1961 à Saint-Léonard-de-Noblat en Haute-Vienne

Le cycliste français restera comme l'éternel second mais cette étiquette lui apportera la sympathie auprès de tous.

Saint-Léonard-de-Noblat, 4 600 habitants au dernier recensement, c'était le fief de "Poupou".

Raymond Poulidor à gauche de Merckx. Il aborde la Grande Boucle cet été là, le bras dans le plâtre, un pansement en laine de verre plastifiée autour de sa main blessée. De son côté, La Libre Belgique explique aussi que Raymond Poulidor a été "l'un des plus sérieux concurrents d'Eddy Merckx".

S'il eut Anquetil comme adversaire au début de sa carrière, il dut composer avec l'émergence d'un autre rival les années suivantes, Eddy Merckx, alors que Poulidor pouvait encore espérer remporter le Tour de France. Il a notamment remporté le Tour d'Espagne 1964, deux classiques avec Milan-San Remo (1961) et la Flèche wallonne (1963), avant de signer deux doublés, à Paris-Nice (1972 et 1973) et au Dauphiné (1966 et 1969).

Retraité depuis la fin des années 70, Poulidor a traîné toute sa carrière (et bien après) l'image d'éternel deuxième.

"Raymond Poulidor, légende du cyclisme français, est décédé à l'âge de 83 ans", titre Le Soir. A son palmarès, Poupou s'est retrouvé huit fois sur le podium du Tour de France, en seconde ou troisième position. Pour Poulidor, dans une étonnante inversion de ce qui se déroulait sur les routes, ce sera Anquetil.

Le point d'orgue du duel Anquetil/Poulidor fut en 1964 sur les pentes du Puy-de-Dôme. Sans s'adresser le moindre regard, épaule contre épaule. Intérieurement, je pense qu'il aurait aimé porter le maillot jaune un jour. A Paris, il s'inclina finalement de 55 secondes. C'était sans compter sur cette maudite étape menant à Albi, où Poulidor s'apprêtait à prendre un avantage décisif dans une échappée (en compagnie des trois futurs coureurs du podium final). Résultat: traumatisme crânien, fracture du nez et abandon. Depuis quelques années, la banque essayait de préserver un champion bavard mais de plus en plus fatigué.

Raymond Poulidor le 23 juillet 2013 sur l'étape Pau/Bayonne.

Raymond Poulidor "est parti ce matin", vers 2H00, a indiqué son épouse Gisèle à l'AFP.

Un surnom comme un nom, qui a traversé l'esprit collectif en même tant que les générations, avec une empreinte et une adoration qui ne se sont jamais effacées.

Assez discret dans les médias, en dehors de la période du Tour de France, il sortait néanmoins volontiers de sa réserve ces dernières années pour commenter les exploits de son petit-fils, Mathieu Van Der Poel, fils de sa fille Corinne et de l'ancien coureur néerlandais Adrie Van der Poel. "Nous ne t'oublierons jamais, Poupou!" écrit le compte Twitter du Tour. Humain profondément humain. Après lui, le Tour a vu défiler de nombreux chouchous, Bernard Thévenet, Richard Virenque, Thomas Voeckler ou Julian Alaphilippe, sans que la popularité du Limousin s'effrite.

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