Début du grand bal des témoins clefs — Enquête pour "impeachment"

13 Novembre, 2019, 18:41 | Auteur: Lynn Cook
  • AP Will Hurd élu républicain du Texas et ancien agent de la CIA

Mais les élus démocrates espèrent que le récit, de la bouche même de diplomates et de responsables de la sécurité nationale alertés par le comportement du président américain, aura une charge suffisamment puissante pour convaincre le tribunal de l'opinion publique de la légitimité d'une procédure de destitution.

En réalité, il apparaîtra devant les élus en compagnie d'un autre diplomate - George P. Kent -, mais c'est le témoignage de William Taylor qui est censé causer le plus de tort à Donald Trump. Comme levier, le milliardaire aurait suspendu une aide militaire de quelque 400 millions de dollars destinée à Kiev, et mis dans la balance une possible invitation du nouveau président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à la Maison Blanche. Alors que le président américain est accusé par les démocrates d'avoir fait pression sur Kiev pour enquêter sur son rival Joe Biden, des témoins clés de l'affaire ukrainienne vont témoigner publiquement au cours des prochaines semaines.

Au cours d'une conversation téléphonique le 25 juillet, dont le compte-rendu a été publié par la Maison Blanche, M. Trump a bien demandé à son homologue ukrainien de "se pencher" sur Joe Biden et son fils, Hunter.

Quant à George Kent, il avait révélé aux enquêteurs parlementaires, le 15 octobre, avoir alerté sa hiérarchie dès la mi-août sur les pressions exercées pour que Kiev enquête sur les Biden. William Taylor avait indiqué avoir appris que l'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland, avait bien expliqué aux Ukrainiens, en septembre, que "l'argent pour l'aide sécuritaire ne serait pas débloqué tant que le président Zelensky ne s'engagerait pas à lancer l'enquête sur Burisma", le groupe gazier qui comptait Hunter Biden dans son conseil d'administration. Donald Trump avait critiqué la diplomate alors qu'elle avait déjà été rappelée au printemps à Washington après la campagne de dénigrement menée par Rudy Giuliani, ancien maire républicain de New York (1994-2001) devenu l'avocat personnel du président.

Mardi soir, les démocrates ont dévoilé le calendrier de huit autres témoignages prévus la semaine prochaine devant les caméras au Congrès. Désormais, ils veulent offrir ces deux témoignages en direct aux Américains afin qu'ils découvrent "les informations de première main sur les méfaits du président". La présidente démocrate de la Chambre des représentants a donné son feu vert fin septembre pour l'ouverture d'une enquête parlementaire. Tous ont également déjà été entendus à huis clos. Depuis le début de l'affaire, les sondages ont montré qu'une majorité de personnes soutient une mise en accusation de Donald Trump.

Les républicains risquent donc de remettre en cause la pertinence du témoignage de l'ex-ambassadrice dans le cadre de cette procédure, tout en suggérant que le président avait toute latitude pour la démettre de ses fonctions. L'occasion pour LCI de dresser le portrait des protagonistes d'une enquête considérée comme une "chasse aux sorcières" par l'entourage du président.

Combatif et dénonçant une tentative de "coup d'Etat", le milliardaire a juré de laver l'"affront" de cette enquête dans les urnes en remportant un second mandat à la présidentielle de novembre 2020.

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