Des milliers de manifestants contre l'islamophobie — France

12 Novembre, 2019, 10:25 | Auteur: Lynn Cook
  • Le leader de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon participe à la manifestation mais pas le député LFI Francois Ruffin, à Paris le 15 octobre 2019

En effet, à l'origine, le message était de dire "STOP à l'islamophobie", à la "stigmatisation grandissante" des musulmans, victimes de "discriminations" et d'"agressions" dont "l'attentat contre la mosquée de Bayonne (.) est la manifestation la plus récente". A Marseille, une manifestation a eu lieu avec quelques centaines de personnes - familles musulmanes, mais aussi syndicalistes et militants de gauche. "Il est urgent qu'on arrête de monter les Français les uns contre les autres", ajoute la jeune femme. La notion-même d'"islamophobie" ainsi que l'identité de certains signataires de l'appel ont conduit une partie de la gauche à ne pas s'y associer, au PRG ou au PS (qui a annoncé travailler à l'organisation d'une prochaine manifestation contre le racisme). "On essaie de stigmatiser les musulmans, de les mettre à l'écart de la société", a expliqué Asmae, une manifestante, à l'AFP.

L'emploi du terme "islamophobie", tout d'abord, est controversé. Mais d'autres y voient une remise en cause de la laïcité et de la liberté de critiquer une religion, et non ses fidèles. Ce dernier s'est depuis retiré. Plusieurs membres du gouvernement ont également eu des mots très durs contre le rassemblement qualifié notamment d'"insupportable" par le secrétaire d'État en charge de la Jeunesse, Gabriel Attal. "La France Insoumise et des cadres d'EELV sont pris la main dans le pot de confiture clientéliste et communautariste", a-t-il dénoncé.

"C'est lamentable, c'est une façon de lutter contre la laïcité en utilisant des arguments qui ne valent pas", avait fustigé le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer jeudi, tandis que le Premier ministre Edouard Philippe déplorait la veille la présence dans cet appel de personnes "qui paraissent s'inscrire dans une logique de communautarisme".

La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen estime quant à elle que "tous ceux qui vont se rendre à cette manifestation seront main dans la main avec les islamistes, c'est-à-dire ceux qui développent dans notre pays une idéologie totalitaire qui vise à combattre les lois de la République française". Certains signataires ont finalement reculé. L'Insoumis François Ruffin avait fait savoir qu'il n'irait pas manifester.

Mais dans le cortège parisien, plusieurs élus de la France insoumise (Clémentine Autain, Danièle Obono, Eric Coquerel.) étaient bien présents au côté de leur chef de file Jean-Luc Mélenchon.

"On vient alerter, dire qu'il y a un niveau de haine à ne pas dépasser", a déclaré à l'AFP un manifestant, Larbi, un entrepreneur de 35 ans.

A Toulouse, Mouss Amokrane, chanteur du groupe Zebda, s'est joint à la mobilisation d'environ 200 personnes.

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