Sanchez vainqueur affaibli, bond de l'extrême droite — Espagne

11 Novembre, 2019, 11:54 | Auteur: Lynn Cook
  • Espagne cinq choses à savoir sur les élections

Les Espagnols étaient appelés aux urnes ce dimanche pour la quatrième fois en quatre ans, dans un climat alourdi par la crise catalane et la montée de l'extrême droite. La participation de ce scrutin s'élève à près de 70%, en légère baisse par rapport au scrutin d'avril.

Le PSOE finit de nouveau en tête des élections législatives, les quatrièmes en autant d'années, mais en remportant moins de sièges que lors du précédent scrutin et s'éloignant davantage d'une majorité parlementaire, montrent les résultats officiels après le dépouillement de la quasi-totalité des bulletins.

Six mois après les dernières élections législatives remportées par le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez sans la majorité absolue, ce dernier demande aux 37 millions électeurs de lui donner un mandat clair pour mettre un terme à l'instabilité politique que connaît l'Espagne depuis bientôt quatre ans.

Les conservateurs du Parti Populaire (PP, 83 sièges) ont eux redressé la barre après le pire résultat de leur histoire en avril (66 sièges) tandis que la gauche radicale de Podemos (35 sièges) a perdu sept députés et que les libéraux de Ciudadanos ont subi une gifle (10 députés contre 57 en avril).

Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) devrait encore une fois mener des consultations pour former son gouvernement.

Mais tous les sondages indiquent qu'ils ne le lui donneront pas et que, bien que vainqueur à nouveau du scrutin, il devra se contenter d'un gouvernement minoritaire et négocier des appuis au cas par cas pour adopter un budget ou faire voter des lois.

Il réclame l'interdiction des partis séparatistes, la suspension de l'autonomie de la région et l'arrestation de son président, l'indépendantiste Quim Torra.

Selon ces premiers résultats, lle bloc de gauche (PSOE, gauche radicale de Podemos et sa liste dissidente Mas Pais), autour de 160 sièges, n'atteindrait pas la majorité absolue de 176 sièges sur 350.

Dimanche, Rafael Garcia, 84 ans, indiquait avoir voté pour la droite à Madrid pour défendre "l'unité de l'Espagne et les retraites", sans vouloir dire pour quel parti. Ses négociations avec M. Sanchez cet été pour former un gouvernement de coalition ont échoué, Podemos ayant finalement refusé de soutenir la reconduction au pouvoir du socialiste car il considérait les postes proposés insuffisants.

"J'ai toujours voté PP mais vu la situation, je crois qu'il faut employer la manière forte" avec la Catalogne et l'immigration, a renchéri sa mère, Ana Escobedo.

Jusqu'à présent, le Parti Populaire exclut de s'abstenir.

Son recours pourrait être de compter sur une abstention du PP qui l'a exclu jusqu'ici même si la plupart des analystes s'attendent à ce qu'il finisse par le faire pour éviter la colère des électeurs.

Durant la campagne, Pedro Sanchez a tenté de mobiliser son électorat contre la montée de Vox, qu'il présentait comme un retour du franquisme, en dénonçant la droite qui n'a pas hésité à s'allier avec ce parti pour prendre le contrôle de l'Andalousie, la région plus peuplée d'Espagne, de la région de Madrid, la plus riche, et de la mairie de la capitale.

Pour José Ignacio Torreblanca, du European Council on Foreign Relations, Sanchez projette d'obtenir "l'abstention de tous à la dernière minute, au risque de nous pousser au bord de l'infarctus". "L'Espagne a besoin d'un gouvernement progressiste, pour tenir tête au franquisme, aux extrémistes et aux radicaux", a-t-il répété sans relâche.

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