Marche contre l’islamophobie. Des milliers de personnes rassemblées à Paris

11 Novembre, 2019, 07:49 | Auteur: Lynn Cook
  • Marche contre l'islamophobie: qui y sera qui n'ira pas

Une cinquantaine de personnalités, collectifs et associations ont appelé dans une tribune à manifester, ce dimanche 10 novembre, à Paris, pour dire "stop à l'islamophobie". La classe politique se déchire autour de la participation à ce rassemblement, divisant la gauche et suscitant de vives critiques de la part du Rassemblement national (RN) pour qui il s'agit d'une alliance avec les "islamistes".

Sur leurs pancartes, au milieu de drapeaux français, des slogans comme "vivre ensemble, c'est urgent", "stop à l'islamophobie" ou encore "oui à la critique de la religion, non à la haine du croyant". La manifestation est partie de la gare du Nord pour arriver vers 16 heures place de la Nation. "Solidarité avec les femmes voilées", ont scandé des participants. La marche a rassemblé 13 500 personnes, selon un comptage réalisé par le cabinet Occurence pour un collectif de médias, dont l'AFP.

Le mot d'ordre de l'appel diffusé dans Libération: dire "stop à l'islamophobie", à la "stigmatisation grandissante" des musulmans, victimes de "discriminations" et d'"agressions".

" On vient alerter, dire qu'il y a un niveau de haine à ne pas dépasser". "On entend tout et n'importe quoi sur l'islam et sur les femmes voilées aujourd'hui".

L'appel à manifester contre l'islamophobie a été lancé le 1er novembre, après une série d'actes antimusulmans qui a culminé avec l'attentat contre la mosquée de Bayonne (sud de la France), le 28 octobre, qui a fait deux blessés.

"On veut se faire entendre, prôner une société mixte, ne pas être écartés de la société", renchérit Asmae Eumosid, une femme voilée de 29 ans venue d'Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). "On essaie de stigmatiser les musulmans, de les mettre à l'écart de la société", assure cette ingénieure dans l'automobile.

Plusieurs membres du gouvernement se sont indignés de ce rassemblement, qualifié "d'insupportable" par le secrétaire d'Etat en charge de la Jeunesse Gabriel Attal dimanche sur Europe 1. "La France Insoumise et des cadres d'EELV sont pris la main dans le pot de confiture clientéliste et communautariste", a-t-il dénoncé.

Mais dans le cortège parisien, plusieurs élus de la France insoumise (Clémentine Autain, Danièle Obono, Eric Coquerel.) étaient bien présents au côté de leur chef de file Jean-Luc Mélenchon, qui a appelé avant le départ de la marche à ne pas "confondre quelques personnes avec la valeur de la cause qui est servie". Dans une perspective électoraliste, Marine Le Pen, qui a fait de l'islamophobie et de l'immigration ses fonds de commerce, a déclaré avec les amalgames dont elle a le secret: "tous ceux qui ont manifesté sont la main dans la main avec les islamistes, c'est-à-dire ceux qui développent dans notre pays une idéologie totalitaire qui vise à combattre les lois de la République française".

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