"Ça suffit": une marche controversée contre l'islamophobie prévue ce dimanche à Paris

10 Novembre, 2019, 17:37 | Auteur: Lynn Cook
  • Manifestation contre l'islamophobie et pour la liberté du port du voile le 19 octobre 2019 place de la République à Paris

Au final, certains font marche arrière, d'autres maintiennent leur cap, les divisions au sein de la gauche et de l'extrême-gauche n'auront jamais été autant visibles.

[Mis à jour le 8 novembre 2019 à 17h52] Faut-il y aller ou boycotter?

L'appel à manifester a été lancé le 1er novembre dans le quotidien "Libération", quatre jours après l'attaque d'une mosquée à Bayonne et sur fond de débat ravivé sur le port du voile et la laïcité. "On en prend note", a menacé l'élu Insoumis de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), regrettant que "les polémiques du RN" soient "reprises par le PS". L'appel avait pourtant été signé par plusieurs élus de la gauche. Certains ont depuis retiré leur soutien à cette marche contre l'islamophobie.

Cette marche, à l'appel de plusieurs personnalités et organisations comme le Collectif contre l'islamophobie en France, doit rejoindre la Place de la Nation, à l'est de la capitale. Certains responsables politiques et personnalités qui ont signé le texte à l'origine de ce rassemblement ont finalement décidé de ne pas y participer. Depuis, les défections s'enchaînent à gauche. Des manifestations devaient également avoir lieu à Marseille (sud-est) et à Toulouse (sud-ouest). Des propos qui interpellent puisqu'ils laissent entendre que République discriminent par la loi les musulmans. Quand on voit le nombre de plateaux télévisés et radiophoniques où on parle de la question de l'islam et des musulmans sans un musulman à l'antenne, c'est quelque chose qui les dépossède de leur parole et qui les déshumanise. Son homologue François Ruffin, de son côté, manquera l'évènement pour cause de... match de foot, quand un autre parlementaire, Adrien Quatennens, n'ira pas pour " raisons personnelles ". Jeudi, Jean-Luc Mélenchon a indiqué sur son blog qu'il fallait "savoir faire bloc quand l'essentiel est en jeu".

Il s'agit de "celle (LR) qui a été votée au Sénat" prévoyant d'interdire "aux accompagnatrices voilées de se rendre aux sorties scolaires", a répondu M. Mélenchon, en pointant aussi "celle sur l'état d'urgence (post-attentats) qui transforme en suspects des dizaines de milliers de gens".

Un sujet également dénoncé par le premier ministre, Edouard Philippe.

Si le rendez-vous semblait être l'occasion idéale pour la gauche de se fédérer, aucun responsable du Parti socialiste n'a signé l'appel et ces derniers ont annoncé qu'ils ne participeront pas à la marche. Dans un communiqué publié vendredi 8 novembre, le PCF appelle à manifester pour s'"opposer massivement au racisme antimusulman, à l'antisémitisme, à toutes les manifestations de discrimination, à toutes les incitations à la haine religieuse", cite BFMTV.

Les principaux slogans dans la manifestation de ce dimanche étaient: "Oui à la critique de la religion, non à la haine du croyant", "stop à l'islamophobie", "vivre ensemble, c'est urgent", "Français & musulmans, fiers de nos deux identités", "Mon vêtement, mon culte, mon choix, ma liberté", "Halte à tous les racismes".

Il précise par ailleurs, dans la perspective des municipales de mars 2020, qu'il y aura "une tête de liste écolo dans 39 des 40 villes de plus de 100.000 habitants".

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