Brésil : la justice autorise la libération de l'ex-président Lula

08 Novembre, 2019, 23:41 | Auteur: Lynn Cook
  • Brésil Lula proche de la sortie de prison

Incarcéré depuis avril 2018, Lula a commencé à purger une peine de huit ans et dix mois pour corruption, mais dispose encore d'autres recours auprès d'instances supérieures. Les magistrats ont en effet mis fin à une jurisprudence selon laquelle une personne peut être emprisonnée avant l'épuisement de tous ses recours si sa condamnation a été confirmée en appel. Mais la décision ne provoque pas la fin de leur incarcération de façon automatique, puisque c'est au juge d'application des peines de suivre la décision de la Cour suprême au cas par cas.

Immédiatement après le rendu de la décision, les avocats de la figure historique de la gauche brésilienne avaient annoncé qu'ils allaient demander la libération de "l'ancien président emprisonné de manière injuste depuis 579 jours".

Comme lui, de nombreux détenus condamnés dans le cadre de l'opération anticorruption "Lavage Express", enquête tentaculaire qui a fait trembler l'ensemble de la classe politique brésilienne, pourraient ainsi recouvrer prochainement la liberté.

La dirigeante, qui a également rendu visite à l'ex-président vendredi matin, a précisé que la première chose qu'il ferait une fois libéré serait de saluer les militants qui campent devant le siège de la police fédérale depuis plus d'un an et demi.

Les procureurs chargés de cette enquête ont immédiatement affirmé dans un communiqué que la décision de la Cour suprême allait à l'encontre "du sentiment de rejet de l'impunité" et de l'importance "du combat de la corruption, qui sont des priorités de notre pays".

Depuis sa cellule de la Police fédérale à Curitiba (sud), il n'a cessé de clamer son innocence, se disant victime d'un complot pour l'empêcher de revenir au pouvoir.

"La Cour suprême a voté contre le peuple", a déploré Major Olimpo, leader au Sénat du PSL, le parti du président Jair Bolsonaro.

Luiz Inacio Lula da Silva, qui a exercé la fonction de Président du Brésil de 2003 à 2010, a été condamné à neuf ans et demi en 2017 pour corruption, notamment pour avoir reçu un appartement de luxe situé en bord de mer de la part d'un groupe de BTP.

Rappelons que Lula était donné favori des sondages pour l'élection présidentielle d'octobre 2018, à laquelle il n'a finalement pas pu participer, laissant le champ libre à Jair Bolsonaro.

Même si cette option reste peu probable, un juge peut toutefois ordonner son emprisonnement "préventif" s'il considère que la liberté de l'ex-président peut porter préjudice à l'enquête, avec des destructions de preuves, par exemple.

Durant la campagne électorale, M. Bolsonaro n'avait pas caché son souhait de voir l'ex-président de gauche, sa bête noire, "pourrir en prison".

La décision de la Cour suprême "est un rude coup pour Sergio Moro, qui était encore omnipotent il y a six mois", a tweeté jeudi soir le journaliste américain Glenn Greenwald, dont le site The Intercept Brasil est à l'origine de révélations remettant en cause l'impartialité de l'ancien juge.

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